LIBREVILLE, 11 mai 2026 (AGP) – La Cour constitutionnelle, plus haute juridiction du pays, a relancé lundi la procédure de destitution visant le président Cyril Ramaphosa dans le scandale dit du “Farmgate”, rapporte Radio France Internationale.
L’ affaire remonte à février 2020, lorsqu’une importante somme en devises étrangères avait été volée dans la ferme privée de Phala Phala, propriété de Ramaphosa dans la province du Limpopo.
Le scandale avait soulevé plusieurs questions sensibles : l’origine exacte des fonds, leur éventuelle déclaration aux autorités, ainsi que les raisons pour lesquelles cet argent liquide aurait été conservé dans le mobilier plutôt que dans une banque.
Le président sud-africain, au pouvoir depuis février 2018, a toujours nié toute malversation. Il affirme que l’argent provenait de la vente de buffles dans son exploitation. Selon sa version, les cambrioleurs auraient emporté 580 000 dollars, tandis qu’Arthur Fraser, ancien patron des services de renseignement sud-africain, avait évoqué le vol d’environ 4 millions de dollars dissimulés dans la propriété.
En novembre 2022, un panel indépendant avait estimé qu’il existait des éléments préliminaires laissant penser que Ramaphosa aurait pu commettre une faute. Mais l’Assemblée nationale avait rejeté la poursuite de la procédure, le parti du Congrès national africain (ANC), alors majoritaire, ayant fait bloc autour de son chef. La Cour constitutionnelle estime désormais que le rapport doit être transmis à une commission de destitution chargée d’approfondir l’examen du dossier.
La décision ne signifie toutefois pas que Cyril Ramaphosa est menacé à court terme d’être démis de ses fonctions. Une destitution doit être adoptée à la majorité des deux tiers à l’Assemblée nationale. Même affaibli par la perte de sa majorité absolue aux élections de mai 2024, l’ANC conserve plus d’un tiers des sièges, ce qui rend improbable un vote final contre le président sans basculement politique majeur.
L’ opposition, notamment les Combattants pour la liberté économique (EFF), à l’origine du recours devant la Cour constitutionnelle, a demandé la mise en place immédiate de la commission de destitution. Chef de l’EFF, Julius Malema réclame depuis plusieurs années la démission du président Ramaphosa sur ce dossier.
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