LIBREVILLE, 13 sept 2026 (AGP)-Le président de la République démocratique du Congo (RDC), Félix Tshisekedi, a signé une ordonnance portant création, organisation et fonctionnement du Comité d’organisation du Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État, a annoncé dimanche sa porte-parole, Tina Salama.
Le contenu intégral du texte n’était pas encore public au moment de la rédaction de cette dépêche, et la composition du Comité n’a pas été communiquée. Mme Salama a renvoyé vers l’édition de 13h30 de la RTNC pour plus de détails, rapporte l’Agence congolaise de presse.
Cette signature met en œuvre une annonce faite le 27 août par M. Tshisekedi, qui avait lancé le Dialogue national dans une adresse à la nation. Il avait alors indiqué qu’un Comité d’organisation, chargé de la préparation administrative, matérielle et logistique du processus, serait institué « dans les tout prochains jours » par ordonnance présidentielle.
Ce comité doit remettre au chef de l’État un rapport préliminaire, sur la base duquel une seconde ordonnance convoquera formellement le dialogue. Ce texte précisera les principes directeurs, les étapes, les modalités de représentation et les mécanismes de suivi, et instituera une Commission préparatoire chargée d’élaborer la feuille de route et de conduire les consultations, où siégeront les confessions religieuses.
Le format retenu le 27 août prévoit un processus en deux temps : des consultations dans les 26 provinces, réunissant autorités locales, élus, partis politiques, société civile, confessions religieuses et corps professionnels, suivies d’assises nationales à Kinshasa. « Les assises de Kinshasa ne seront pas le point de départ du dialogue, mais l’aboutissement d’une parole recueillie à travers tout le pays », avait déclaré M. Tshisekedi. L’ensemble du processus ne doit pas dépasser trois mois, quoique aucune date de lancement n’a été précisée.
Les travaux doivent déboucher sur un « Pacte national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État », assorti d’une matrice publique détaillant, pour chaque engagement, l’institution responsable, le calendrier et les résultats attendus.
Le chef de l’État a exclu du volet politique du dialogue les acteurs qui, à l’ouverture du processus, combattent par les armes l’ordre constitutionnel, occupent une partie du territoire par la force ou agissent, selon lui, au service du Rwanda. Un critère qui exclut l’AFC/M23, dont les échanges avec Kinshasa restent cantonnés au processus de Doha. Le format exclut aussi toute amnistie générale pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité, actes de génocide et violences sexuelles graves, ainsi que toute suspension des institutions, qui continueront d’exercer leurs prérogatives jusqu’au terme constitutionnel de leurs mandats.
Ce schéma a suscité des réserves. L’opposant Martin Fayulu, dans un entretien à RFI, avait plaidé pour un format resserré de trois semaines à un mois, avec les confessions religieuses comme médiatrices, contestant que le président fixe seul le cadre du dialogue.
Le mouvement Sauvons la RDC, proche de l’ancien président Joseph Kabila, avait réclamé une médiation « neutre, indépendante et impartiale » sous l’égide de l’Union africaine et de l’ONU, ainsi que la tenue du dialogue dans un pays tiers. Une option écartée par la présidence, qui a maintenu le processus sur le sol congolais.
Ferdinand Kambere, secrétaire permanent adjoint du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD, la formation de Joseph Kabila), a dénoncé un dispositif qui, selon lui, réunira des participants venus « danser sur la musique d’un régime ». Corneille Nangaa, coordonnateur de l’AFC/M23, a de son côté rejeté le format proposé par Kinshasa, sans remettre en cause les discussions engagées à Doha.
JMNB/FE/CBM/AGP













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