LIBREVILLE, 13 septembre 2026 (AGP)-La Société nationale de raffinage (Sonara) du Cameroun a perdu son ultime recours judiciaire devant la justice britannique et devra verser 42,8 milliards de francs CFA à la société nigériane Sahara Energy pour des cargaisons de pétrole livrées entre 2013 et 2016 et non payées en totalité, rapporte Radio France Internationale (RFI).
Le litige porte notamment sur des frais annexes prévus au contrat liant les deux entreprises. Soit des intérêts de financement et des pertes de change, dont le montant a grimpé au fil des retards de paiement accumulés par la raffinerie camerounaise.
Interrogé par RFI, l’expert pétrolier Robert Mouthe Ambassa dénonce une gestion défaillante du dossier. « Ce sont des gens qui ne sont pas aux places qu’il faut (…) ils passent le temps à traîner et à réfléchir, et entre-temps les intérêts de financement ou les pertes de change continuent de progresser », a-t-il affirmé, jugeant qu’un tel dossier doit être traité en temps réel.
Une nouvelle créance malvenue pour les finances du Cameroun, rappelle l’économiste Serge Alain Godong : « Puisque la Sonara est réputée ne pas avoir une trésorerie de bonne qualité, il est tout à fait prévisible que ce soit le ministère des Finances qui, d’ailleurs, depuis longtemps a fait préemption en termes de tutelle sur la Société nationale de raffinage, qui soit appelé à répondre de cette créance là et à l’acquitter. »
Le président du Comité citoyen de vigilance financière, Charles Menye, appelle de son côté à faire la lumière sur les raisons de ce défaut de paiement. Un problème qui, selon lui, dépasse le seul cas de la Sonara et concerne de nombreuses entreprises camerounaises.
Rendue il y a deux mois, la décision de la justice britannique n’a fait l’objet d’aucune réaction officielle de Yaoundé à ce jour. Cette créance s’ajoute aux 353 milliards de francs CFA que le Cameroun a été condamné à verser en juillet 2026 à la compagnie minière australienne Sundance Resources.
JMNB/FE/CBM/AGP













Commentaires