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L’élève Ndembi Moutamba Nathanaëlle, de son vivant (1ère de la droite vers la gauche)

Ndembi Moutamba Nathanaëlle, 19 ans, élève en classe de seconde au lycée Bruno Bokoko de Mounana, dans le département de la Lébombi-Léyou dans le Haut-Ogooué (Sud-est), est décédée vendredi dernier après avoir consommé la veille du raticide pour mettre fin à ses jours, suite aux menaces de son amie, entre autres, de lui porter plainte pour avoir détruit sa relation de couple, avec un jeune professeur dudit établissement.

L’affaire défraie encore la chronique dans la ville de Mounana. L’annonce du décès de la jeune Natou, dans cette petite localité, laisse plusieurs sans voix, devant cette tragédie, qui n’est pas la première du genre. Camarades de classes et corps enseignants sont tous perplexes en s’interrogeant sur ce qui a bien pu se passer dans l’esprit de la jeune fille, au point de mettre fin à ses jours, en laissant derrière elle un bébé de six mois et une famille complètement déboussolée.

D’après le témoignage du Censeur pédagogique 2, Guy Costant Badinga, qui assurait l’intérim du proviseur au moment des faits, il s’agit d’une querelle amoureuse. La défunte aurait reçu pour mission de la part d’un professeur de mathématiques de l’établissement, un dénommé Eric, qui entretenait une relation avec une élève de classe de première, Nyangui Majnonie Manuella, de mener des enquêtes pour vérifier si cette dernière lui était infidèle. Natou s’exécute et rapporte l’information au professeur selon laquelle son amante lui serait infidèle. Ce dernier, pris de jalousie, va vers sa «copine» et s’indigne de son comportement sans toutefois protéger sa source, la petite Natou.

Nyangui Manuella va finalement s’en prendre à l’informatrice qu’elle accuse d’avoir détruit son couple. Elle menace de lui porter plainte et de continuer avec le ‘’mari’’. La défunte, qui est décrite comme une personne très réservée, prend la chose à cœur et commence, semble t-il, à concevoir un plan de suicide. «Quelques jours avant sa mort, elle fait des selfies avec ses camarades et leur dit que quand elle va mourir c’est ce qu’ils auront à publier», rapporte le censeur pédagogique.

La dispute avec son amie arrive au niveau de l’administration. Le censeur vie scolaire 2, Rony Ondamba, calme les deux protagonistes. Natou s’excuse de s’être mêlée de la vie de sa camarade et il interpelle l’autre quant au pardon. Malheureusement la querelle se poursuit entre les deux via les réseaux sociaux.

Le Censeur vie scolaire 2, Rony Ondamba, est à nouveau interpellé sur l’affaire et convoque l’élève Natou qui, a-t-il eu vent, menace de se suicider. Une fois dans le bureau, vendredi dernier autour de 12 h 30, il l’interroge. «Elle m’a menacée de me porter plainte et que je continue avec le mari puisque j’ai détruit son couple». Le censeur constate que l’élève transpire à grosse goutte, malgré la climatisation et présente des malaises. Elle est conduite d’urgence à l’hôpital. En cours de route, elle aura eu le temps d’avouer à une de ses amies venue porter secours à l’administration qu’elle a consommé du raticide la veille. L’infirmière tentera le tout avant l’arrivée du Samu, mais la jeune fille aura déjà rendu l’âme.

Actuellement le professeur cité dans l’affaire ainsi que son amante se trouvent en garde à vue au commissariat de Mounana pour les besoins de l’enquête et pour assurer leur protection. Selon les agents de force de police, le rapport est en train d’être constitué et sera transmis au parquet vendredi au plus tard.

Pour les responsables de l’établissement Bruno Bokoko, c’est à la justice d’établir les responsabilités des uns et des autres dans cette affaire.

Nancy Tali Ibinda

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