Il est des hommes dont le départ laisse un silence assourdissant. Jérémie Gustave Nzamba était de ceux-là. Sa disparition plonge le monde des médias gabonais dans une profonde tristesse, mais son héritage continuera de résonner dans les rédactions, les amphithéâtres et dans le cœur de tous ceux qu’il a formés, conseillés et inspirés.
Notre rencontre remonte à plusieurs années, grâce au professeur Anaclet Ndongoua, notre mentor commun en communication. Dès les premiers échanges, une complicité intellectuelle est née. Nos intelligences se sont reconnues et, depuis ce jour, nos chemins ne se sont plus quittés.
Le journalisme et la communication constituaient les deux piliers de nos discussions. Autour d’un café ou d’un verre, nous refaisions le monde, analysions la société gabonaise, débattions de l’avenir des médias et de la place de la communication dans le développement de notre pays. Ces instants demeureront gravés dans ma mémoire. Très vite, Jérémie Gustave Nzamba m’avait adopté comme un frère. Avec cette simplicité qui le caractérisait, il m’appelait affectueusement « Raga » ou tout simplement « petit frère ». Derrière ces mots se cachait une bienveillance sincère, celle d’un homme toujours prêt à encourager, à conseiller et à transmettre.
Nos parcours se sont également croisés dans les salles de classe des grandes écoles, où nous avions la responsabilité de transmettre le savoir à la nouvelle génération. Nous nous succédions souvent devant les étudiants, partageant la même passion de l’enseignement. À plusieurs reprises, nous avons siégé ensemble dans des jurys d’évaluation, dans une parfaite connivence intellectuelle, sous le regard bienveillant du professeur Anaclet Ndongoua, son ami fidèle.
Formé au département des Sciences de l’information et de la communication de l’Université Omar-Bongo, Jérémie Gustave Nzamba avait bâti sa réputation sur une solide culture générale, une remarquable maîtrise de son métier et une humilité qui forçait le respect. Affable, discret, profondément cultivé, il incarnait cette génération de journalistes pour qui la rigueur, l’éthique et la transmission du savoir étaient des valeurs non négociables.
Au-delà du professionnel, il était un conseiller, un grand frère, une référence. Il savait trouver les mots justes pour orienter, rassurer et inspirer.
Il y a à peine deux semaines, je l’avais appelé pour prendre de ses nouvelles. D’une voix calme, il m’avait confié que son état de santé s’améliorait, tout en reconnaissant qu’il avait frôlé le pire. Je raccrochais rassuré. Je connaissais le combattant qu’il était. Je pensais sincèrement qu’il remporterait une nouvelle bataille contre la maladie.
Mais le destin en a décidé autrement. Aujourd’hui, la grande famille de la presse gabonaise perd une plume, une voix et une conscience. Pourtant, un journaliste ne meurt jamais vraiment. Tant que ses écrits éclairent les générations, tant que ses enseignements inspirent ses étudiants et que son exemple guide ses confrères, il demeure vivant. Le micro de Jérémie Gustave Nzamba ne s’est pas éteint. Il reste ouvert, quelque part, dans cet au-delà où les grandes consciences poursuivent leur mission. Là où les mots ne connaissent plus de frontières, il continuera, sans doute, à raconter l’histoire, à défendre la vérité et à transmettre la passion de ce noble métier qu’il a servi avec honneur.
Adieu, grand frère. Merci pour les leçons, les conseils, les débats, les éclats de rire et cette fraternité sincère qui nous liait. Le journaliste s’en est allé. La voix, elle, restera éternelle.
Ludwig Raganizo Lasseny, journaliste









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