Les seuls qui ne le savent pas et ne le valorisent pas, ce sont les Gabonais eux-mêmes. Aujourd’hui, on parle de l’iboga, dont la valeur marchande représente des milliers de milliards de dollars. Autrement dit, si le Gabon parvenait à tirer profit ne serait-ce que de 10 % de ce que l’iboga génère et générera sur le marché international au cours des prochaines années, je crois que nous pourrions régler définitivement les problèmes de pauvreté dans ce pays. Nous parlons d’un produit qui pousse dans les forêts gabonaises. Aujourd’hui, le kilogramme d’iboga peut atteindre jusqu’à 150 000 dollars. Prenez l’iboga : c’est un produit au potentiel énorme. Prenez ce que l’on appelle le nkumu : c’est une ressource d’une valeur considérable. Prenez également la résine d’okoumé, que l’on brûle lors des veillées nocturnes : son prix avoisine les 120 000 FCFA le kilogramme. Cette résine est utilisée dans l’industrie cosmétique.
Il faut que les Gabonais prennent conscience du potentiel de leurs ressources naturelles et qu’ils voient plus loin. Avec ces richesses naturelles, nous pourrions presque mettre de côté le manganèse, le pétrole et les autres ressources minières tant leur potentiel est important. Vous savez, lorsque j’étais plus jeune, il m’est arrivé d’analyser les lois de finances du Gabon, de 1960 à 1967 puis de 1967 jusqu’au début des années 1980. Il en ressort que, durant cette période, le secteur du bois contribuait à lui seul à plus de 70 % des recettes du budget de l’État. Le bois assurait déjà plus de la moitié des ressources budgétaires du pays.
Ce qu’il faut aujourd’hui, c’est une meilleure structuration, la mise en place de chaînes de valeur et d’un cadre réglementaire capable d’endiguer le pillage de ces ressources qui quittent quotidiennement le pays au profit d’autres économies. Il faut également faire œuvre de vulgarisation et de valorisation. Le nkumu, pour ne prendre que cet exemple, est principalement consommé dans les provinces du Haut-Ogooué et, dans une moindre mesure, de l’Ogooué-Lolo. Dans les autres provinces, il est souvent défriché ou brûlé, alors même qu’il est très recherché sur un corridor économique qui s’étend du Nigeria à l’Angola.
Le potentiel des ressources naturelles gabonaises est immense. Si le pays décidait de les valoriser pleinement, les retombées économiques seraient sans commune mesure avec les quelque 60 milliards de FCFA de recettes annuelles que l’on évoque aujourd’hui.
Nzue
Expert en environnement et ingénieur des eaux et forêts











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