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Le conseil d’administration du centre hospitalier régional d’Oyem sur fond de nombreux dysfonctionnements

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Le PCA Jean Michel Ella Essone a présidé les travaux dudit conseil.

Les assises du conseil d’administration du Centre hospitalier régional d’Oyem, qui ont eu lieu le vendredi 16 juillet écoulé, ont permis de mettre en relief de nombreux dysfonctionnements liés particulièrement à l’approvisionnement des médicaments, la qualité de l’accueil ainsi que celle des soins.

Ce conseil d’administration avait pour ordre du jour, entre autres, la présentation du bilan financier et arrêt des comptes au 31 décembre 2020, du bilan financier du premier semestre 2021, l’examen de la mise en œuvre du projet d’établissement sanitaire.

Débutés à dix heures, c’est finalement en fin d’après-midi, ce qui en dit long sur la richesse des échanges, que se sont achevés les travaux du premier conseil pour l’exercice 2021 présidés par Jean Michel Ella Essone, en présence du directeur général des établissements sanitaires et des prestations de santé (DGEPS), Mme Bertille Bikinis si Nembe qui a, en outre, insisté sur la nécessité du rajout, à l’ordre du jour communiqué, d’un point sur l’achat, l’approvisionnement et le stockage des médicaments. Le secrétaire général du gouvernorat, Bibang Côme, a représenté le gouverneur Jules Djeki, empêché.

Abordant le premier point inscrit à l’ordre du jour relatif au bilan financier et arrêt des comptes au 31 décembre 2020, le directeur général du Centre hospitalier régional d’Oyem (CHRO) Prospère Abessolo Mengue, a, dans sa présentation, fait ressortir une utilisation orthodoxe, en d’autres termes conformément à la norme, des fonds propres générés par l’institution qu’il dirige. Ainsi, 45% de ceux-ci sont affectées aux charges sociales, contre 35% au fonctionnement de l’institution et 20% en faveur de l’investissement.

Au terme de cette présentation, le DGEPS, Bertille Bikissi Nembe, a félicité le directoire du CHRO pour les efforts qu’il a déployés en vue de la réduction de la dette de l’hôpital, avant d’inviter les dirigeants du CHRO de présenter, à l’avenir, son bilan financier conformément à la nomenclature budgétaire, c’est-à-dire en faisant ressortir par strates les dépenses essentielles que sont l’achat des médicaments et autres produits de santé, les autres biens et services ainsi que les autres charges sociales.

De même, Mme Bikissi Nembe a proposé l’élaboration d’une grille de tarification pour la pharmacie de l’hôpital, non sans appeler à la tenue de séances de travail régulières entre la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS) et le CHRO aux fins de l’harmonisation des chiffres et la recherche de la consolidation de la dette. Sur ce sujet, elle a reçu les assurances de Prospère Abessolo Mengue, quant à l’effectivité, depuis déjà, des rencontres de travail entre sa structure et la CNAMGS, bien que, de son côté, le contrôleur budgétaire a déploré le déficit de collaboration entre les membres de ces deux structures.

Les participants au conseil.

L’examen du bilan moral et financier du premier semestre de l’exercice 2021 a permis de mettre en exergue la difficile collaboration en la direction régionale de santé nord (DRSN), le CHRO et le reste du personnel de santé. Il a été, en outre, relevé la nécessité de mettre en place un dispositif de contrôle interne afin de pallier au problème de recouvrement parallèle des recettes.

Réagissant par ailleurs aux préoccupations du DGEPS au sujet de la disponibilité du médicament au patient, le DG du CHRO a félicité l’initiative de renforcement des capacités des pharmacies hospitalières, laquelle initiative a été annoncée par le gouvernement.

Mme Bikissi Nembe a livré son sentiment à la presse au terme des travaux. «Nous avons passé en revue les différents piliers d’un système de santé que sont les ressources humaines et financières, les médicaments, les consommables, les équipements bio-médicaux et l’hygiène hospitalière et sur la base du projet d’établissement pour l’exercice budgétaire 2021 transmis par le CHRO. Nous sommes arrivés à la conclusion que le CHRO est dans la droite ligne de son projet, car la consommation des crédits pour l’exercice en cours correspond aux réalisations produites, il y a quelques difficultés financières, c’est indéniable. Nous avons en revanche relevé de grandes défaillances au niveau de la gouvernance», a-t-elle indiqué, soulignant que la tutelle va prendre des dispositions afin d’améliorer les procédures et l’organisation des services.

Interrogée sur les pénuries récurrentes des médicaments au CHRO, Bertille Bikissi Nembe, qui a avoué avoir édifié au sujet des retards dans la livraison des médicaments dans la région sanitaire nord du Gabon, a cependant estimé que cela relève de la gestion des stocks.

«Je ne dirais pas qu’il s’agit d’un problème financier, dès lors que la CNAMGS paye normalement et que les dotations financières de l’Etat parviennent au CHRO. Mon point de vue est que les médicaments doivent être commandés à l’avance, l’on ne doit pas attendre le dernier moment pour passer la commande. C’est pour cela que la gestion des stocks est très importante, il en est de même de l’ordre des priorités dans une structure hospitalière (…). Le médicament doit être au chevet du malade, il nous est également revenu que des infirmiers détournent les médicaments, je puis vous assurer que des mesures coercitives seront dorénavant prises à l’encontre des infirmiers véreux», a confié le DGEPS, ajoutant par ailleurs, concernant la mauvaise qualité d’accueil des patients au CHRO que l’objectif principal de tout établissement sanitaire est la prise en charge effective et dans les règles de l’art, du patient.

«Cette exigence figure en bonne place dans le projet d’établissement du CHRO, elle est tout simplement bafouée par le personnel et c’est malheureux», s’est émue Bikissi Nembe.

Pour sa part, le PCA a dit attendre la tenue du prochain conseil d’administration pour voir si des efforts significatifs auront été réalisés concernant la prise en charge des patients et la qualité des soins au CHRO.

«C’est un sentiment mi-figue, mi raisins qui m’anime car d’un côté l’on observe des améliorations, donc une volonté de bien faire, mais d’un autre côté de nombreux manquements persistent au niveau du personnel médical, mais surtout para-medical», a expliqué M. Ella Essone, félicitant la presse de s’intéresser au fonctionnement du CHRO.

Le DG du CHRO a, quant à lui, regretté la lourdeur de la procédure de décaissement des fonds au trésor public, source d’handicap. Il a également déploré la mise à disposition tardive du budget pour l’exercice 2021.

Ernest Mvie Mendame

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