LIBREVILLE, 9 juillet 2026 (AGP) – La Banque africaine de développement (BAD) estime que l’économie gabonaise devrait renouer avec une dynamique de croissance, avec un taux projeté de 3,0 % en 2026 et 3,1 % en 2027, selon son rapport Perspectives économiques en Afrique (PEA 2026), intitulé « Mobiliser des ressources à grande échelle pour le financement du développement de l’Afrique dans un monde fragmenté », mis à jour le 23 juin 2026 et consulté par l’Agence Gabonaise de Presse.
Dans ce rapport, la BAD indique que ces perspectives de croissance reposent sur la consolidation des secteurs de la construction, de l’agriculture (huile de palme et aviculture), de l’industrie (agroalimentaire et manufacturière) ainsi que des services. L’institution prévoit également une amélioration de la balance courante, qui devrait enregistrer un excédent de 1,1 % du PIB en 2026, avant de se détériorer en 2027 pour afficher un déficit de 2,4 % du PIB.
La BAD souligne toutefois que la persistance des tensions et des déséquilibres budgétaires a dégradé le profil d’endettement du Gabon, limitant son accès aux marchés financiers internationaux et régionaux, réduisant ses marges d’emprunt et affaiblissant son attractivité auprès des investisseurs privés. À cela s’ajoute, selon le rapport, « la forte expansion des dépenses publiques», qui a compromis « les efforts récents » de mobilisation des ressources nationales, notamment à travers la numérisation, la facturation électronique ainsi que les taxes immobilières et environnementales. Ces efforts demeurent, selon l’institution, limités par des insuffisances en matière de gouvernance, l’importance de l’économie informelle et le niveau élevé des dépenses budgétaires, évaluées à 3,2 % du PIB en 2024.
S’agissant des perspectives et des risques, la BAD estime que la demande intérieure devrait être soutenue par les investissements publics et privés ainsi que par une progression de la consommation. Elle considère également que la création d’une centrale d’achat contribuerait à contenir l’inflation à 3,1 % en 2026 puis à 2,3 % en 2027, en limitant la spéculation sur les produits importés.
L’institution met également en avant l’engagement du gouvernement en faveur du dialogue social, des réformes macroéconomiques et de la diversification économique, autant de facteurs susceptibles d’atténuer les risques et de consolider la reprise.
Enfin, la BAD rappelle que le rapport PEA 2026 a été élaboré dans un contexte de fragmentation géopolitique, de tensions commerciales accrues, de conflits régionaux et de recul des flux financiers internationaux. Face à cette conjoncture, elle appelle à « passer d’urgence de réponses politiques fragmentées à des stratégies coordonnées capables de mobiliser les capitaux du continent à grande échelle pour financer son développement »
CM/MIM/FSS/EN/AGP









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