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Gabon : Micheline Otounga salue un discours présidentiel axé sur le social, l’emploi des jeunes et la responsabilité citoyenne

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LIBREVILLE, 19 juin 2026 (AGP) – Au lendemain du discours du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, devant les deux chambres du Parlement réunies en Congrès, Micheline Otounga, cadre administrative, défenseure des droits des femmes et experte en genre, a accordé un entretien à l’Agence Gabonaise de Presse.

AGP : Quel regard portez-vous sur le discours du chef de l’État devant les deux chambres du Parlement réunies en Congrès ?

Micheline Otounga : Ce discours était avant tout une adresse à l’ensemble des citoyens gabonais, et non uniquement aux parlementaires. Le président de la République a présenté les avancées enregistrées depuis la Transition et depuis son élection à la magistrature suprême. Il a également rappelé l’importance du respect de la nouvelle Constitution adoptée par le peuple gabonais à l’issue du référendum.

Au-delà des questions institutionnelles, cette allocution a permis de mettre en lumière les efforts entrepris pour améliorer la gouvernance du pays et renforcer son image à l’international. La représentativité du Gabon à l’extérieur doit continuer à se consolider dans un cadre respectueux des exigences administratives et diplomatiques.

Le chef de l’État a également abordé les questions économiques. Quel est votre avis sur ce volet ?

Je pense que beaucoup de choses ont déjà été engagées. Certes, notre pays fait face à des défis liés à l’endettement, mais les autorités travaillent à maîtriser cette situation afin de créer les conditions favorables à une croissance économique durable.

J’ai également apprécié l’accent mis sur la lutte contre la corruption, le clientélisme et les mauvaises pratiques de gouvernance. Ce sont des facteurs qui freinent le développement et pénalisent particulièrement les populations les plus vulnérables.

Les questions sociales ont occupé une place importante dans cette allocution. Qu’en retenez-vous ?

En tant qu’actrice du secteur social, j’ai été particulièrement sensible à l’attention accordée aux questions sanitaires et sociales. Le président a insisté sur l’amélioration de la prise en charge des populations, le soutien à l’entrepreneuriat des jeunes ainsi que le renforcement de la place des femmes dans la société.

Ces orientations témoignent d’une volonté d’améliorer concrètement les conditions de vie des Gabonais. Toutefois, cette ambition doit accorder une attention particulière aux catégories les plus vulnérables : les personnes âgées, les personnes vivant avec un handicap, les jeunes sans emploi, y compris les diplômés confrontés au chômage, ainsi que les femmes en situation de précarité.

L’objectif doit être de permettre à chacun d’accéder à davantage d’autonomie et à un cadre de vie plus stable.

Le président a également rappelé le respect des règles encadrant la vie politique. Comment interprétez-vous ce message ?

Je considère cela comme une interpellation constructive adressée à l’ensemble de la classe politique. Après le référendum et les réformes institutionnelles engagées, chacun doit respecter les règles que nous nous sommes librement données.

Comme on le dit souvent, il faut faire ce que l’on dit et respecter les engagements pris. C’est une condition essentielle pour consolider le vivre-ensemble et renforcer la confiance des citoyens dans les institutions.

Le chef de l’État a mis en avant plusieurs initiatives en faveur de l’emploi des jeunes, notamment le programme « Un jeune, un taxi ». Quel regard portez-vous sur ce projet ?

C’est une initiative très positive. L’attribution de 1 066 taxis Gab représente déjà une opportunité importante pour de nombreux jeunes. Au-delà de l’emploi direct, ce programme permet à des bénéficiaires de subvenir à leurs besoins ainsi qu’à ceux de leurs familles.

Cette mesure participe également à une plus grande implication des Gabonais dans le secteur du transport urbain. Elle offre aux jeunes une possibilité d’autonomie économique tout en favorisant l’entrepreneuriat.

Cependant, il est essentiel que les bénéficiaires soient accompagnés dans la gestion de leur activité. Posséder et exploiter un taxi implique des responsabilités importantes : entretien du véhicule, dépenses de carburant, gestion des recettes et remboursement d’éventuels crédits contractés.

Le projet Gab Pêche poursuit-il la même logique, selon vous ?

Absolument. L’objectif est similaire : permettre aux jeunes Gabonais de s’approprier davantage certains secteurs économiques stratégiques. Il s’agit de favoriser leur insertion professionnelle et leur participation active à l’économie nationale.

Je tiens à rappeler qu’il n’existe pas de sous-métier. Toute activité exercée honnêtement mérite le respect. L’entrepreneuriat, l’auto-emploi et les métiers de terrain sont autant de voies de réussite et d’épanouissement.

Certains parents hésitent encore à voir leurs enfants s’orienter vers ce type d’activités. Quel message leur adressez-vous ?

Je leur dirais qu’il faut encourager les jeunes à saisir les opportunités qui s’offrent à eux. Tous les diplômés ne pourront pas nécessairement travailler dans des bureaux ou dans l’administration.

Si un jeune peut s’épanouir dans une activité entrepreneuriale et construire son avenir grâce à celle-ci, il faut l’accompagner plutôt que le décourager. Le rôle des familles est fondamental dans la réussite de ces projets.

Vous avez également évoqué la question du logement. Que pensez-vous des réflexions engagées sur les primes de logement dans la fonction publique ?

M.O. : Le sujet mérite d’être étudié avec discernement. Une réflexion pourrait être menée sur l’adaptation des primes de logement en fonction des catégories de fonctionnaires et de leur situation réelle.

L’objectif ne doit pas être de pénaliser les agents, mais plutôt d’encourager progressivement l’accession à la propriété. Devenir propriétaire constitue une forme importante d’autonomisation et permet, à terme, de réduire la dépendance aux charges locatives.

Toutefois, il ne s’agit pas de supprimer systématiquement les avantages existants. Il faut préserver un équilibre afin que les catégories les plus modestes puissent continuer à faire face à leurs charges quotidiennes.

DFM/SMM/CBM/RL/AGP

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