Politique

Gabon : le leadership féminin progresse au sein de la classe politique

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Jeanine Taty Koumba, intérimaire de Paulette Missambo, est l'actuelle présidente de l'Union Nationale.

LIBREVILLE, 17 juillet 2026 (AGP) – Malgré des avancées notables dans la haute administration et au sein des institutions, la direction des partis politiques au Gabon demeure un bastion largement masculin. Sur les 102 formations reconnues par le ministère de l’Intérieur, seules quatre sont actuellement dirigées par des femmes, illustrant le chemin qui reste à parcourir pour parvenir à briser le plafond de verre. Décryptage.

Quatre figures féminines occupent aujourd’hui la tête de formations politiques. Il s’agit de Jeanine Taty Koumba, qui assure l’intérim à la présidence de l’Union nationale (UN) depuis la nomination de Paulette Missambo à la présidence du Sénat de la Transition en septembre 2023, d’Anna Claudine Ayo-Mavioga, présidente du Bloc démocratique chrétien (BDC), ainsi que de Jessica Pessy, à la tête de l’Alliance pour la renaissance nationale (Arena), et de Marie Joselle Itsana, présidente de l’Union du peuple gabonais (UPG).

Les deux dernières ont accédé à leurs fonctions à l’issue de processus internes distincts. Jessica Pessy a été élue, en février 2025, à la tête de l’Arena, après une vacance de dix mois consécutive au décès de son époux et président fondateur du parti, Richard Moulomba Mombo. De son côté, Marie Joselle Itsana, ancienne secrétaire générale adjointe, a été élue à la présidence de l’UPG le 25 juin dernier, à l’issue d’un congrès extraordinaire dit « de régularisation ». Toutes deux affichent leur volonté d’insuffler une nouvelle dynamique à leurs formations respectives.

Pour Marie Joselle Itsana, la mission s’annonce particulièrement exigeante à la tête de l’UPG. Fondé le 14 juillet 1989 par Pierre Mamboundou, ce parti historique de l’opposition a longtemps constitué l’une des principales forces contestataires sous les présidences d’Omar Bongo Ondimba puis d’Ali Bongo Ondimba. Depuis le décès de son fondateur, le 15 octobre 2011, la formation traverse une période de profondes turbulences. Sa nouvelle présidente devra notamment œuvrer à rassembler les différentes sensibilités du parti et à renforcer son positionnement sur l’échiquier politique national.

Cette progression encore limitée du leadership féminin à la tête des partis contraste avec la présence accrue des femmes au gouvernement, au Parlement et dans la haute administration. Elle met en évidence les défis qui demeurent pour une représentation plus équilibrée dans les instances dirigeantes des formations politiques. À ce jour, le Gabon ne compte aucune femme ayant fondé un parti politique d’envergure nationale, et l’accession des femmes à la tête des partis intervient le plus souvent dans un contexte de succession ou de réorganisation interne.

LKM/FSS/EN/AGP

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