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Gabon/Lambaréné : « Nous avons décidé de concentrer nos efforts sur des projets qui doivent avoir un impact concret sur les populations », dixit Guy-Pierre Biteghe

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LAMBARÉNÉ, 30 juin 2026 (AGP) – Dans une interview accordée récemment à l’AGP, le maire de la commune de Lambaréné, Guy-Pierre Biteghe, est revenu sur les projets prioritaires et les réalisations récentes visant à améliorer le quotidien des populations.

AGP : Quels sont les chantiers prioritaires que votre commune va lancer après le vote du budget 2026, et pourquoi ces choix ?

Guy-Pierre Biteghe : « En arrivant à la municipalité de Lambaréné, conformément aux orientations du projet de société du leader de notre parti Union démocratique des Bâtisseurs (UDB), Son Excellence Brice Clotaire Oligui Nguema, nous avons bâti notre triptyque : “Lambaréné, ville lumière, ville belle, ville prospère.”
Après avoir dressé un état des lieux, nous avons décidé de concentrer nos efforts sur des projets qui nous tiennent à cœur et qui doivent avoir un impact concret sur les populations qui nous ont élus. À ce titre, comme partout ailleurs au Gabon, la ville de Lambaréné souffre d’un déficit criard en eau potable et en électricité. En attendant les grands travaux que le Gouvernement réalisera une fois son budget mis en œuvre, nous avons déjà commencé, avec l’appui de certains partenaires, à soulager les populations grâce à la réalisation de forages dans les zones où l’eau est de bonne qualité. Il est également prévu d’installer des lampadaires photovoltaïques, encore appelés lampadaires solaires, dans les secteurs où l’éclairage public est insuffisant. Un cimetière municipal digne de ce nom a été réalisé afin de permettre à nos concitoyens d’enterrer dignement leurs proches et d’éviter la multiplication des tombes sur les terrains familiaux. Lambaréné ne disposant pas d’une décharge publique digne de ce nom, une décharge sera aménagée dans les prochaines semaines. La culture n’est pas en reste. Nous allons, dans quelques jours, célébrer la première édition de la Fête de la culture de l’Ogooué (FCO). Nous avons également décidé d’ouvrir une clinique municipale, actuellement en cours d’installation au marché CTRI, au débarcadère d’Isaac. Afin de désenclaver certains quartiers, la création de routes secondaires est également prévue. Nous avons inscrit au budget un volet consacré à la digitalisation des services, l’un des chantiers auxquels le président de la République accorde une importance particulière. Enfin, les routes communales, aujourd’hui dans un état de dégradation avancé, feront l’objet de travaux d’amélioration dans les prochains jours. »

Comment le budget 2026 voté va-t-il concrètement améliorer le quotidien des populations dans les quartiers et villages de votre commune ?

« Un budget n’a pas pour vocation d’améliorer le quotidien des populations. Il est plutôt un puissant outil d’aide mis à la disposition des dirigeants qui, eux, doivent disposer de programmes permettant d’impacter le quotidien des populations. C’est dans cette optique que le chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, a mis en place le Plan national de croissance et de développement (PNCD). C’est à partir de ce plan que nous, collectivités locales, devons élaborer notre Plan communal de développement (PCD). La mise en œuvre de ce PCD est financée par le budget de la municipalité, avec l’appui du Gouvernement. D’ailleurs, vous pouvez déjà l’observer : la ville est plus propre et gagne progressivement en beauté. »

Quels partenariats ou financements complémentaires comptez-vous mobiliser pour accélérer la réalisation de ces actions prioritaires ?

« Cette année, compte tenu du retard accusé dans la mise en place du budget, nous ne comptons pas particulièrement sur des partenariats au niveau local. Nous espérons toutefois bénéficier d’un financement complémentaire de la part de l’État. Par ailleurs, nous comptons initier des jumelages avec des communes voisines telles que Mouila, Fougamou et Port-Gentil. À l’international également, des contacts ont déjà été pris avec certaines communes françaises. »

Comment les mairies peuvent-elles relever les défis du développement urbain lorsque leurs budgets sont davantage orientés vers le fonctionnement que vers l’investissement ?

« C’est là toute la difficulté.
Je crois que, jusqu’à présent, nous n’avons pas compris que les municipalités devraient fonctionner comme de véritables entreprises, capables de créer des richesses afin de financer le développement local et les actions sociales. Jusqu’ici, nous avons plutôt fonctionné comme des structures politiques ayant pour mission de procurer des emplois à nos militants, à nos parents et à nos amis. Je pense qu’il faut rapidement renverser cette tendance, car avec l’arrivée de la décentralisation, l’État central, tout en transférant certaines de ses compétences aux collectivités locales, réduira progressivement son soutien budgétaire. Cela signifie que nous devrons être capables de constituer nous-mêmes nos budgets. Pour cela, les mairies devront aller à la recherche d’investisseurs, développer des activités génératrices de recettes et n’embaucher que lorsque cela sera réellement nécessaire, en fonction des profils recherchés. »

WAN/SMM/FE/EN/AGP

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