LIBREVILLE, 4 août 2026 (AGP) – Dans le cadre de sa mission constitutionnelle de régulation du fonctionnement des institutions et de l’activité des pouvoirs publics, conformément à l’article 113 de la Constitution, la Cour constitutionnelle, présidée par Dieudonné Aba’a Owono, a auditionné en séance plénière, ce mardi à Libreville, les responsables des principaux médias publics nationaux, en présence des membres de la Haute Autorité de la Communication (HAC) consacrée au traitement médiatique du différend frontalier entre le Gabon et la Guinée équatoriale, rapporte un communiqué de l’Institution.
Autour du président de la Haute Juridiction étaient réunis les juges constitutionnels, les responsables du greffe et les principaux collaborateurs de la Cour. Les directeurs et représentants du quotidien pro-gouvernemental L’Union, de l’Agence gabonaise de presse (AGP), de Gabon 1ère et de Gabon 24 ont pris part à cette séance de travail.
Les échanges ont porté sur la couverture de l’Accord d’engagement conjoint signé le 28 juillet 2026 à Addis-Abeba, sous l’égide de l’Union africaine (UA). Cet accord, conclu à la suite de l’arrêt rendu le 19 mai 2025 par la Cour internationale de Justice, ne constitue pas une mise en œuvre immédiate de cette décision. Il établit un cadre de concertation destiné à permettre aux deux États de définir, dans un esprit de dialogue de bonne foi et de coopération, les modalités de son application, conformément aux principes du droit international.
Face à la sensibilité du dossier, qui touche à la souveraineté nationale, à l’intégrité territoriale et aux intérêts supérieurs de l’État, le président de la Cour constitutionnelle a rappelé aux professionnels des médias leur responsabilité dans le traitement de l’information. Il les a invités à procéder à un recoupement systématique des faits, à privilégier les sources officielles et à éviter toute diffusion d’informations incomplètes ou susceptibles d’alimenter des interprétations erronées pouvant compromettre les intérêts diplomatiques du pays ou la cohésion nationale.
Tout en saluant le professionnalisme de certains organes de presse, dont l’Agence gabonaise de presse (AGP), la Cour a relevé des insuffisances dans le traitement de certaines informations sensibles. Des rappels à la déontologie journalistique ont été formulés, en présence de la HAC, gardienne du respect des règles éthiques et professionnelles encadrant l’exercice de la profession.

Quelques responsables des médias.
Les membres de la HAC ont réaffirmé que la liberté d’informer s’exerce dans le respect des exigences de responsabilité, de vérification des faits et de préservation de l’intérêt général, particulièrement lorsque sont en jeu des questions de défense, de diplomatie et de souveraineté nationale.
En sa qualité de président de la Commission nationale chargée du différend frontalier Gabon–Guinée équatoriale, Dieudonné Aba’a Owono a réitéré sa disponibilité à accompagner les professionnels des médias en leur apportant, au fur et à mesure de l’évolution des négociations, les éclairages nécessaires afin de garantir une information exacte, équilibrée et conforme à la position officielle de l’État.
À travers cette audition, la Cour constitutionnelle rappelle que les dossiers relatifs à la souveraineté nationale appellent une vigilance particulière. Si le droit du public à l’information demeure un principe fondamental, celui-ci doit s’exercer avec rigueur, discernement et responsabilité. Dans un contexte où les enjeux diplomatiques sont majeurs, une information vérifiée et fidèle aux faits constitue un impératif au service de la paix sociale, de la crédibilité des institutions et de la défense des intérêts supérieurs de la Nation.
La signature de l’Accord d’engagement conjoint traduit la volonté renouvelée du président de la République gabonaise, Brice Clotaire Oligui Nguema, et du président de la République de Guinée équatoriale, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, de poursuivre les échanges dans un esprit de dialogue et de coopération, conformément au cadre établi par l’Union africaine.
Le directeur de publication du journal L’Union, Lin Joël Ndembet, a salué l’initiative de la Cour constitutionnelle. Selon lui, cette rencontre a permis aux professionnels des médias de mieux comprendre les enjeux du dossier grâce aux éclairages apportés par le président de la Cour et les représentants de la HAC. Il a souligné que cette démarche vise à instaurer une communication plus fluide et coordonnée autour d’un dossier sensible, en mettant l’accent sur la nécessité de s’appuyer sur des sources fiables et des informations vérifiées. Il s’est dit confiant quant à la disponibilité, au fil des prochaines étapes des discussions, d’informations officielles permettant aux médias de remplir pleinement leur mission d’information.
LKM/CBM/EN/AGP










Commentaires