Économie

Gabon/Emprunt obligataire Bambo : Yves Ntchoumou explique le mécanisme et les garanties pour les investisseurs

0

LIBREVILLE, 24 septembre 2026 (AGP) – Dans le cadre de l’emprunt obligataire lancé par Bambo sur le marché financier sous-régional, le directeur général d’Africa Bright, Yves Ntchoumou, explique le fonctionnement de l’opération, les modalités de souscription, les mécanismes mis en place pour sécuriser l’épargne des investisseurs, ainsi que le rôle des sociétés de bourse et de la masse des obligataires dans le suivi de l’opération.

AGP : Qu’est-ce qu’un emprunt obligataire et en quoi consiste l’opération lancée par Bambo ?

“Yves Ntchoumou : L’emprunt obligataire est une opération qui permet à une entreprise ou à un État, dans le cas d’espèce une entreprise, de solliciter le grand public afin d’obtenir un financement sous forme de prêt. De manière très simple, Bambo vient sur le marché financier solliciter les ressortissants de la CEMAC pour lui prêter de l’argent afin de financer ses activités.”

Comment un citoyen peut-il acheter une obligation Bambo ?

“Pour acheter une obligation, l’investisseur doit passer par des agents placeurs. Il s’agit de sociétés de bourse agréées par le régulateur du marché financier sous-régional pour commercialiser les obligations de Bambo. Au Gabon, deux sociétés sont habilitées à assurer cette opération. Comme il s’agit d’une opération sous-régionale, des agents placeurs sont également présents dans les autres pays de la CEMAC, notamment au Cameroun, au Congo, au Tchad et en Guinée équatoriale.”

Quels sont les risques auxquels s’expose un investisseur ?

“Il faut d’abord rappeler que le risque zéro n’existe pas dans une opération financière. Toutefois, dans le cas de cette opération, les risques ont été fortement réduits grâce aux différents mécanismes de sécurisation mis en place. L’opération a été soumise à l’agrément du régulateur du marché financier sous-régional. Un dossier de demande de visa a été transmis et examiné par celui-ci afin de s’assurer de la cohérence et de la pertinence des informations présentées et de vérifier qu’elles ne sont pas, a priori, de nature à mettre en danger l’épargne du public.”

Quels mécanismes ont été prévus pour sécuriser le remboursement des investisseurs ?

“Au-delà de l’examen réglementaire, Bambo a mis en place plusieurs mécanismes de sécurisation. Il y a notamment le nantissement d’un compte d’opération commerciale ouvert auprès d’Orabank Gabon. Ce compte reçoit au moins 500 millions de francs CFA chaque mois. C’est à partir de ce compte que les fonds destinés au remboursement des investisseurs seront prélevés mensuellement. Ces fonds sont ensuite transférés vers un compte séquestre. Une fois qu’ils y sont déposés, Bambo ne peut plus les retirer librement. Ainsi, l’entreprise ne peut pas décider, après plusieurs mois, de récupérer les sommes déjà mises de côté pour rembourser les investisseurs. À chaque échéance, fixée tous les six mois, les fonds prélevés mensuellement sont mis à la disposition des investisseurs. Ce mécanisme permet donc de réduire considérablement les risques liés au remboursement.”

Quel rôle les investisseurs peuvent-ils jouer dans le contrôle de ce dispositif ?

“Les investisseurs ne doivent pas se contenter de nos paroles. Ils ont la possibilité, conformément au droit OHADA, de se constituer en masse des obligataires. Cette masse dispose d’une personnalité juridique et peut exercer un contrôle sur le fonctionnement des mécanismes de sécurisation. Elle pourra notamment vérifier que le compte d’opération est effectivement débité chaque mois, que le compte séquestre est régulièrement approvisionné et que les fonds qui y sont déposés ne sont pas prélevés par Bambo. L’objectif est donc de mettre en place un mécanisme suffisamment robuste pour réduire les risques, tout en permettant aux investisseurs de disposer d’un véritable dispositif de contrôle sur la sécurisation de leur épargne.”

Propos recueillis pat MIM/FE/FSS/AGP 

Gabon/Éducation : 39 470 manuels de la collection Concorde pour les élèves de 5e dans l’Estuaire

Article précédent

Gabon/Comité d’Abuja : les délégations découvrent plusieurs sites de Libreville

Article suivant

Commentaires

Laisser une réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Plus dans Économie