LIBREVILLE, 1er mai 2026 (AGP)-Dans un entretien accordé à l’Agence gabonaise de presse, l’Association des femmes leaders du Moyen-Ogooué, Laëtitia Carla Diweckou, est revenu sur les actions menées pendant le mois d’«Avril Orange», consacré à la lutte contre les pathologies gynécologiques, notamment les constats enregistrés sur le terrain, ainsi que les perspectives envisagées pour renforcer la prévention et la prise en charge de ces affections.
AGP : Bonjour madame la présidente de l’Association des femmes leaders du Moyen-Ogooué, pouvez-vous vous présenter?
Laëtitia Diweckou : Bonjour. Je suis Laetitia Carla Diweckou, présidente de l’association des femmes leaders du Moyen-Ogooué.
Parlez-nous de votre association et de vos ambitions.
Nous sommes une association provinciale féminine qui œuvre chaque année pour l’épanouissement, le développement et l’évolution de la femme au sein de notre province. Nous existons depuis 2017 et, pour animer notre association, nous mettons en place plusieurs concepts. Chaque année, nous essayons, tant bien que mal, d’atteindre les objectifs que nous nous fixons
En campagne de sensibilisation depuis durant tout le mois d’avril, quel constat se dégage ?
Effectivement, comme je l’ai dit précédemment, nous animons notre association à travers plusieurs activités. Parmi celles-ci, nous avons décidé de nous attaquer à un mal qui semble silencieux, mais qui cause beaucoup de dégâts sur la fécondité de la femme. Il s’agit notamment des kystes, des myomes et des fibromes. Nous avons ainsi choisi le mois d’avril, que nous avons baptisé “Avril orange”. Durant tout ce mois, nous nous efforçons de vulgariser ce concept, avec l’appui de spécialistes qui nous apportent des explications que nous relayons à d’autres femmes, afin de leur permettre de prendre les dispositions nécessaires pour éradiquer, ou du moins venir à bout de ces pathologies.
Pensez-vous qu’un mois soit suffisant pour toucher le plus grand nombre, sachant que Libreville n’est pas la seule ville ? Et Comment comptez-vous procéder pour l’intérieur du pays ?
Comme je l’ai indiqué, il s’agit d’une association provinciale. Nos activités sont principalement orientées vers la province du Moyen-Ogooué. Si nous intervenons à Libreville, c’est parce que, comme nous le savons tous, c’est la capitale et que la majorité des médias, qui constituent un levier important pour la vulgarisation, s’y trouvent.
Les plateaux médiatiques nous permettent ainsi de toucher un large public, d’autant plus qu’une grande partie de la population gabonaise y réside.
Par ailleurs, nous prévoyons des actions en province. Nous avons notamment un rendez-vous le 24 dans la ville de Makouké, où nous allons rencontrer les femmes locales, accompagnées de médecins, gynécologues et chirurgiens. Ces spécialistes exposeront sur ces pathologies et échangeront de manière instructive avec les participantes››.
Les fibromes, les myomes et les kystes sont des pathologies fréquentes. Pouvez-vous citer quelques symptômes afin d’orienter les femmes vers une prise en charge ?
Depuis que nous militons sur ces questions, avec l’appui de spécialistes, nous constatons qu’il existe de nombreux symptômes, mais aussi beaucoup d’ignorance, notamment à l’intérieur du pays, où ces pathologies sont parfois associées à des croyances mystiques. Les experts nous apprennent qu’il est essentiel d’être à l’écoute de son corps. L’appareil génital de la femme est fondamental, car il permet la procréation. Nous encourageons donc les femmes à observer la régularité de leur cycle menstruel : l’abondance des règles, la présence de caillots de sang, l’intensité des douleurs ou encore la durée des menstruations.
Tous ces éléments doivent alerter et inciter à consulter un gynécologue. Il faut d’ailleurs souligner que nous n’avons pas encore une véritable culture du suivi gynécologique. La plupart du temps, les femmes consultent uniquement en cas de grossesse ou de douleurs extrêmes. Or, à partir de 25 ans, il est recommandé de consulter régulièrement un gynécologue afin de suivre l’évolution et la santé de l’appareil génital.
Existe-t-il des mécanismes de prise en charge pour ces femmes ?
C’est justement pour cela que nous voulons attirer l’attention sur cette problématique. Il s’agit de tumeurs silencieuses qui ne bénéficient pas encore de toute l’attention qu’elles méritent, malgré les dégâts qu’elles causent.
Si l’on prend un échantillon de dix femmes gabonaises, au moins huit ont déjà souffert de ces pathologies. Mais que disent réellement les experts à ce sujet ?
C’est pourquoi nous appelons les spécialistes, les structures compétentes et les organismes concernés à se mobiliser davantage, afin de tirer la sonnette d’alarme et de sensibiliser la population. Pour l’instant, nous nous concentrons sur la vulgarisation et la sensibilisation, car nous ne sommes pas des experts médicaux. Nous sollicitons donc l’accompagnement des structures spécialisées dans ce combat››.
Un mot de fin à l’endroit des femmes qui hésitent encore à consulter ?
Mesdames, l’appareil génital est un élément essentiel que la nature nous a donné pour assurer la procréation. Nous devons y être très attentives.
Comme tout mécanisme, il a son fonctionnement. Il est donc important de le comprendre. Dès qu’une irrégularité apparaît, même minime, il est nécessaire de consulter un spécialiste.
Nous avons la chance d’avoir des professionnels formés pour cela. N’ayons pas honte, parlons-en autour de nous, échangeons avec d’autres femmes qui ont vécu ces situations. Ensemble, nous pouvons réussir à combattre ces pathologies qui causent tant de souffrances.
JPMM/JM/CBM/AGP










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