Politique

Relance économique: Aller au-delà  des bonnes  intentions

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Rose Christiane Ossouka Raponda a présenté le vendredi 04 septembre dernier son «Programme» de politique générale devant les députés, traçant les grands traits de sa relance économique dont «Les moteurs» seront les entreprises. Un bémol, cependant, la cheffe du gouvernement a été muette sur les budgets, la stratégie et donc les priorités entre autres, donnant à son speech l’allure d’une simple déclaration de bonnes intentions.

Rose Christiane Ossouka a dit certainement ce que le gouvernement pense faire pour relancer l’économie gabonaise malmenée par les effets de la Covid-19. Mais pour de nombreux observateurs, elle n’a pas été très explicite sur la stratégie à court, moyen et long terme. Ni sur les moyens qu’il faut mobiliser secteur par secteur pour relancer la machine économique.

Est-ce par prudence, dans ce contexte marqué par des incertitudes que Rose Christiane Ossouka Raponda n’a pas voulu s’avancer ou le Premier ministre qui n’a pas nommé son cabinet n’est pas encore suffisamment entouré de conseillers qui auraient donné à cette déclaration la forme d’un véritable programme, s’interroge un administratif qui a souhaité garder l’anonymat. Car, pour lui et beaucoup d’autres observateurs, il s’est agi en gros de «la compilation des actions en cours et à venir de chaque administration. Et on n’a pas senti une prise du leadership de ces actions par le Premier ministre qui a rarement utilisé le pronom personnel je».

Toutefois, point n’est besoin de lire entre les lignes pour percevoir les grands agrégats de la stratégie du nouveau patron de l’administration gabonaise qui a fait de la bonne gouvernance, le fondement de son action.

Premièrement, la relance de l’économie gabonaise va tenir compte de la conjoncture mondiale dont la croissance est actuellement négative avec -4,9%. Il ne faut donc rien attendre d’extraordinaire cette fin année qui va, semble-t-il, consister à limiter les dégâts de la pandémie elle-même et de ses effets sur l’économie.

Mais pour la cheffe du gouvernement, il faut rester optimiste. Car pour 2021, les prévisions annoncent une croissance mondiale envisagée à 5,4%. Le Gabon, qui surfe sur cette vague, envisage donc une croissance de 2 à 3%. Pour ce faire, le gouvernement compte sur la commande des produits d’exportation, notamment le pétrole, le bois, le manganèse et surtout sur les investissements directs étrangers. «Il convient dès lors de saisir chaque opportunité qui sera offerte par la reprise des activités, de par le monde, pour débrider l’action d’investissement dans notre pays», a souligné le Premier ministre. Cela positionne donc le ministère de la Promotion des investissements en première ligne.

Ossouka Raponda veut voir s’«accélérer l’exécution des projets en partenariat public-privé, rendre lisible l’action de l’Etat en matière d’investissement public, poursuivre l’exécution des projets d’investissement en cours», toutes choses qui passent par «L’amélioration du cadre des affaires» devenue une antienne.

Toutefois, avec un endettement de près de 5800 milliards de F CFA, il sera difficile de relancer l’économie sans emprunter. D’où «la recherche et la promotion des financements innovants», même si la cheffe du gouvernement n’a pas été plus explicite, outre l’évocation de la fiscalité foncière. Dans tous les cas, la mobilisation des fonds passe pour elle par une meilleure collecte de l’impôt et une meilleure gouvernance de la chose publique.

Parmi les accélérateurs de cette relance économique figure «La Transgabonaise», cette route de près de 700 km, dont on ne connaît pas encore les contours exacts et l’envergure, mais qui va relier l’Ouest à l’Est du pays.

Au-delà de leur fonction sociale, l’eau et l’électricité vont aussi constituer pour le gouvernement des leviers de croissance économique au même titre que l’agriculture, la pêche et l’industrie de transformation. La construction des zones économiques spéciales à Lambaréné et à Franceville apparaissent tels des accélérateurs de croissance, au regard de la Zes de Nkok dont le développement actuel a pris 10 ans.

Au demeurant, Rose Christiane Ossouka Raponda fait des entreprises locales le principal moteur de la relance économique, même si ces dernières croulent sous le poids d’une dette intérieure qu’il faudra solder au plus vite pour redynamiser ce secteur.

Louis-Philippe MBADINGA
 

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