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Tchad/Santé : l’épidémie de dengue progresse et révèle les fragilités du système sanitaire

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LIBREVILLE, 20 octobre 2026 (AGP) – L’épidémie de dengue continue de progresser au Tchad, où cinq provinces sont désormais officiellement touchées par la maladie, avec huit décès et plus de 3 000 cas suspects recensés. Cette situation met en évidence les difficultés du système sanitaire, notamment le manque de lits de réanimation et les problèmes d’approvisionnement des laboratoires en kits de dépistage, selon Radio France internationale (RFI).

D’après le bilan présenté par Dicia Fitouin, coordinateur du Centre des opérations d’urgence de santé publique, la province du Wadi Fira concentre à elle seule 2 472 cas suspects sur les plus de 3 000 recensés dans le pays.

Cette flambée épidémique intervient alors que le Tchad fait également face à une recrudescence saisonnière du paludisme, compliquant davantage la prise en charge des patients.

Aux premiers stades de la maladie, les symptômes de la dengue, notamment les courbatures, la fatigue intense, la fièvre et les maux de tête, peuvent être confondus avec ceux du paludisme. Cette similitude conduit certains malades à s’automédiquer ou à se rendre directement en pharmacie pour obtenir des antipaludiques.

« Les gens passent directement dans les pharmacies, qui donnent des anti-paludéens », explique le docteur Bargo, médecin urgentiste et secrétaire général de l’Association de développement de la santé privée au Tchad, cité par RFI.

Selon ce praticien, certains patients ne se rendent à l’hôpital qu’au stade des complications, lorsque des atteintes aux organes, notamment au foie, aux reins ou au cœur, peuvent survenir, en particulier en cas de déshydratation sévère. Cette prise en charge tardive constitue un défi supplémentaire pour un système sanitaire qui dispose de moins d’une centaine de lits de réanimation, selon le médecin.

À ces difficultés s’ajoutent les tensions sur les stocks de kits de dépistage dans les laboratoires. « Le stock s’amenuise », a reconnu Dicia Fitouin, appelant la population à consulter rapidement dès l’apparition des symptômes, à éviter les anti-inflammatoires et à éliminer les eaux stagnantes, propices à la prolifération des moustiques.

Le responsable estime toutefois que la situation peut être maîtrisée grâce au respect des mesures de prévention et rappelle que le pays a déjà fait face à une épidémie similaire en 2023.

JMNB/FSS/AGP

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