Économie

Réformes fiscales : « Le nettoyage des registres et le recouvrement des impôts participent à la crédibilité budgétaire de l’État gabonais », dixit Dr Rodrigue Ndeghano

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LIBREVILLE, 22 octobre 2025 (AGP) – Dans cet entretien accordé à l’Agence gabonaise de presse (AGP), le Dr Rodrigue Ndeghano, enseignant-chercheur à la Faculté de Droit et des Sciences Économiques de l’Université Omar Bongo (UOB), revient sur les récentes annonces du ministre d’État en charge de l’Économie, des Finances, de la Dette, des Participations et de la Lutte contre la vie chère, Henri-Claude Oyima, relatives au renforcement de l’orthodoxie financière.

AGP : Peut-on qualifier l’opération de recouvrement de plus de 803 milliards FCFA d’impôts non versés par les entreprises de mesure conjoncturelle ou structurelle ?

Dr Rodrigue Ndeghano : Cette opération peut être considérée à la fois comme conjoncturelle et structurelle. Elle est conjoncturelle si elle répond à un besoin immédiat de trésorerie pour financer les dépenses publiques dans un contexte économique contraint. Elle devient structurelle si elle s’inscrit dans une stratégie durable de modernisation du système fiscal et d’amélioration du recouvrement.

Comment ces réformes s’inscrivent-elles dans les standards internationaux de transparence, de redevabilité et de gouvernance financière ?

Ces réformes traduisent une volonté d’alignement avec les standards internationaux en matière de transparence et de bonne gouvernance, tels que recommandés par le Fonds Monétaire International (FMI) et la Banque Mondiale (BM). Le nettoyage des registres et le recouvrement des impôts participent directement à la crédibilité budgétaire de l’État gabonais. Toutefois, leur conformité réelle dépendra de la transparence du processus : publication des montants recouvrés, communication sur les ordonnances annulées et réalisation d’audits indépendants. Des pays comme la Côte d’Ivoire et le Ghana ont adopté cette approche pour rassurer leurs partenaires techniques et financiers.

Quelles conditions doivent être réunies pour que ces mesures produisent des effets durables sur la performance budgétaire et la confiance des partenaires économiques ?

Plusieurs conditions sont nécessaires. Il faut d’abord un diagnostic complet et public des créances et arriérés, suivi de la mise en place de guichets de recours pour les entreprises concernées. Ensuite, une communication claire entre l’administration et le secteur privé, accompagnée d’incitations fiscales telles qu’une amnistie des échéanciers, peut encourager le paiement volontaire. Enfin, le renforcement des capacités de l’administration fiscale, notamment par la digitalisation et la formation, est indispensable. Si ces conditions sont réunies, le Gabon pourrait suivre l’exemple de pays comme le Rwanda ou le Kenya, qui ont su conjuguer rigueur fiscale, transparence, croissance économique et développement.

Propos recueillis par Charlène Mouboulou /CBM/WM/AGP

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