LIBREVILLE, 13 juin 2026 (AGP) – De violents affrontements ont éclaté vendredi à Kinshasa lors des manifestations organisées contre la réforme constitutionnelle, rapporte Radio France Internationale.
Vent debout contre le projet de modification de la Constitution, l’opposition congolaise avait appelé à un sit‑in devant le Parlement. La mobilisation a rapidement dégénéré en heurts entre manifestants et forces de l’ordre, qui ont violemment dispersé le rassemblement.
Après le succès mitigé de la journée « ville morte » du 3 juin, l’opposition, regroupée au sein de la coalition C64, entendait tester à nouveau sa capacité de mobilisation contre le projet de révision constitutionnelle porté par le gouvernement.
Mardi dernier, les députés avaient adopté à une écrasante majorité la loi référendaire, étape clé vers une modification de la loi fondamentale susceptible d’ouvrir la voie à un troisième mandat pour le président Félix Tshisekedi.
À la veille du sit‑in, le gouvernorat de Kinshasa avait interdit l’accès aux abords du Parlement, entraînant le déploiement d’un important dispositif policier. Dès les premières heures de la matinée, plusieurs camions de forces de l’ordre étaient positionnés autour du Palais du Peuple, tandis qu’un autre contingent surveillait les environs du siège de l’Ecidé, le parti de l’opposant Martin Fayulu. Malgré l’interdiction, l’opposition avait maintenu son appel à manifester.
Des échanges de projectiles ont ensuite opposé des militants de l’opposition à des individus présentés par des témoins comme appartenant à la Force du progrès, un mouvement souvent décrit comme proche de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le parti présidentiel.
« C’est le pouvoir qui a demandé à ces voyous de nous attaquer pour nous décourager de marcher », a accusé Martin Fayulu dans des propos rapportés par Jeune Afrique.
L’opposant affirme que deux personnes ont été tuées lors des heurts. Alors que les échauffourées retardaient le départ de la marche, les leaders de l’opposition se sont finalement regroupés au siège de l’Ecidé avant d’entamer la progression vers le Palais du Peuple. C’est à ce moment que les violences se sont intensifiées.
Martin Fayulu a été aperçu blessé et visiblement sonné, soutenu par ses proches, avec des traces de sang sur le crâne et sur sa chemise.
D’Elie Sesanga, dont le compte Twitter indiquait qu’il avait été touché à la jambe, a été transporté vers une clinique proche du lieu de la manifestation.
Les proches de Jean‑Marc Kabund ont également affirmé qu’il avait été blessé.
JMNB/CBM/EN/AGP












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