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Libre propos / Problématique de la dette publique au Gabon : qu’est-ce que la dette publique ?

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La dette publique correspond à l’ensemble des emprunts contractés par les administrations publiques (État, collectivités locales, Sécurité sociale, organismes publics) et non encore remboursés. À cela, il faut ajouter l’ensemble des condamnations judiciaires ayant une incidence financière directe prononcées contre l’État et ses démembrements.

La dette publique est un stock, car elle représente l’accumulation de déficits passés et des emprunts nécessaires à leur refinancement. En revanche, le déficit public est un flux, car il mesure l’écart entre les recettes et les dépenses publiques sur une année.

La distinction entre ces deux notions est essentielle pour comprendre la gestion des finances publiques d’un pays. Quelle est la norme régionale ?

La Commission bancaire (COBAC) des pays membres de la CEMAC communique régulièrement aux banques la situation des États en matière de respect des critères de convergence de la zone. Nous retiendrons le ratio suivant pour notre analyse : stock de la dette publique intérieure et extérieure (en % du PIB nominal) ≤ 70 %. Situation du Gabon (source Banque mondiale à décembre 2025 avec mise à jour spécifique du Gabon après l’audit 2026).

Le Gabon est à 68,91 % du PIB, ce qui marque le retour du Gabon en dessous de la norme de 70 %, ce qui est une bonne chose, mais il est à noter que la moyenne régionale est à 51,5 %, donc des efforts continus doivent être faits afin de maintenir cette tendance positive.

Il serait louable que le gouvernement gabonais communique les conclusions de l’audit sur la dette publique afin d’assurer les partenaires sur la véracité et la soutenabilité du niveau du ratio relatif à la dette publique.

Quelques pistes de réflexion

En définitive, un endettement élevé n’est pas nécessairement une mauvaise chose lorsqu’on investit dans des secteurs à forte valeur ajoutée capables de booster la croissance économique afin d’assurer un service de la dette qui n’obère pas dangereusement le budget. Les pays du G7 ont un taux moyen d’endettement par rapport au PIB de 121,46 %, avec certains pays comme le Japon qui culminent à 214,49 %. On peut qualifier cette dette de « bonne dette », car elle est créatrice de richesse.

En revanche, lorsque la dette n’est pas investie dans des secteurs productifs, son service devient une charge nette qui pèse sur le budget de l’État. Avec un budget prévisionnel pour 2027 de 6 223,1 milliards, le Gabon accorde 17 % à l’investissement, tandis que les charges financières liées à la dette, auxquelles s’ajoutent les opérations d’amortissement, s’établissent à 2 022,4 milliards, soit 32 %, ce qui réduit considérablement la marge de manœuvre du gouvernement pour investir sur d’autres priorités.

Le gouvernement devrait instituer comme norme le principe de « bonne dette » afin d’amortir le service de la dette et d’agir sur la transformation économique.

Par Davy Kevin Engama, banquier, consultant senior, diplômé de la Haute École de la Ville de Liège et de l’Institut technique des banques de Paris, certifié en management du risque opérationnel du New York Institute of Finance, membre de la Confédération africaine des professionnels de la banque, membre de l’Association gabonaise des professionnels de la banque, membre de l’Association française des spécialistes du Trade Finance.

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