Société & Culture

Gabon/UOB : le Pr Mathurin Ovono Ébè plaide pour une grande école des langues, étendard d’un enseignement supérieur décloisonné

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LIBREVILLE, 6 octobre 2026 (AGP) – Le Pr Mathurin Ovono Ébè, maître de conférences CAMES et président du SNEC-UOB, lance dans une tribune datée du 4 octobre un plaidoyer en faveur d’une réforme structurelle majeure, en défendant le regroupement des études de langues et civilisations étrangères au sein d’une entité unique, qu’il présente comme une norme académique mondiale, a noté l’Agence gabonaise de presse.

Alors que les universités du monde entier abattent leurs murs disciplinaires, pour l’enseignant-chercheur, « le cloisonnement traditionnel des savoirs par langue ou par micro-discipline cède la place à des modèles unifiés et agiles ». Loin de diluer les spécificités culturelles ou linguistiques, assure-t-il, cette tendance « renforce la transversalité des approches scientifiques, optimise la recherche et garantit la lisibilité internationale du paysage universitaire ».

Pour étayer sa thèse, l’universitaire égrène des modèles qui ont fait leurs preuves. Cambridge et Toronto ont fédéré leurs formations linguistiques, littéraires et culturelles sous une même bannière, tandis que les universités Complutense de Madrid et de Barcelone ont unifié leurs facultés de philologie. En France, Lorraine et Lille ont bâti des pôles intégrés de LLCER. L’Afrique n’est pas en reste : l’UCAD de Dakar, l’Université de Nairobi et l’Université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan ont, elles aussi, opté pour des architectures transversales. « Le continent africain participe activement à cette modernisation institutionnelle », martèle l’auteur.

Le Pr Ovono Ébè s’attache également à réhabiliter les instituts spécialisés, qu’il juge « trop souvent victimes de préjugés réducteurs ». À l’instar de l’INALCO en France ou de l’Institut des langues et cultures d’Afrique, ces établissements assurent tous les cycles du système LMD, de la licence au doctorat, et abritent laboratoires, équipes d’accueil et écoles doctorales. Leurs enseignants, maîtres de conférences et professeurs des universités, sont recrutés et promus selon les critères exigeants du CNU ou du CAMES. Ce sont, insiste-t-il, « de véritables enseignants-chercheurs statutaires » : ils publient, dirigent des thèses et gravissent les échelons académiques à part entière.

Cette vision trouve déjà un ancrage concret à l’Université Omar Bongo, qui se trouve, selon ses termes, « à la croisée des chemins ». Pour « sortir de l’émiettement institutionnel », l’UOB a engagé sa mue avec la création de l’Institut des langues et du patrimoine, appelé à abriter un grand département de langues et civilisations étrangères, né de la fusion des départements d’études ibériques et latino-américaines, d’études anglophones et d’études germaniques. Au-delà d’une gestion administrative optimisée, le Pr Ovono Ébè mise sur l’essor d’une recherche comparatiste et sur une formation « plurilingue et interculturelle en phase avec les exigences du monde contemporain » pour les étudiants gabonais.

RLN/JM/FE/FSS/AGP

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