Libreville, 20 août 2026 (AGP) – Quatre personnes ont été interpellées récemment à Libreville alors qu’elles détenaient et tentaient de vendre illégalement un bébé chimpanzé âgé de neuf mois, une espèce intégralement protégée au Gabon, selon un communiqué de l’ONG Conservation Justice.
L’opération a été menée par l’administration des Eaux et Forêts et la Police judiciaire, avec l’appui de l’ONG Conservation Justice (CJ). Les personnes interpellées, dont deux femmes âgées respectivement de 31 et 51 ans, ont été prises en flagrant délit de détention et de tentative de commercialisation de l’animal.
Selon les informations communiquées par Conservation Justice, ce n’était pas la première tentative de vente du jeune chimpanzé. Celui-ci aurait déjà fait l’objet d’une transaction antérieure, pour un montant de 350.000 francs CFA.
La détention d’espèces animales intégralement protégées est interdite au Gabon en vertu de l’article 92 du Code forestier. Les quatre mis en cause ont été auditionnés le 12 août, tandis que le principal suspect a été maintenu en garde à vue. Au regard des articles 92, 199 et 275 du Code forestier ainsi que des dispositions du décret n°163, les présumés trafiquants s’exposent à des sanctions pouvant aller de trois à six mois d’emprisonnement et à une amende comprise entre 10.000 et 10 millions de francs CFA, ou à l’une de ces deux peines.

La détention, la capture et la commercialisation du chimpanzé sont strictement interdites par la législation gabonaise.
Après son sauvetage, le jeune primate a été transféré vers le Parc de la Lékédi, avec l’appui de l’association Gabon Untouched. Le site est géré par la Fondation Lékédi Biodiversité, membre de la Pan African Sanctuary Alliance (PASA). Ces structures jouent un rôle dans l’accueil et la prise en charge des animaux sauvages victimes du trafic de faune au Gabon.
Au-delà de la question de la conservation, la détention et la manipulation de primates sauvages soulèvent également des préoccupations sanitaires. Le communiqué alerte notamment sur le risque de transmission de zoonoses, citant parmi les maladies potentiellement concernées l’hépatite, la tuberculose, Ebola et la Mpox.
Pour Eric Willaume, directeur du Parc de la Lékédi, la détention de chimpanzés par des particuliers présente également des risques liés à la force et au comportement de ces animaux, pouvant entraîner blessures, infections ou agressivité.
Face à ces risques et aux interdictions prévues par la législation, les responsables du sanctuaire invitent toute personne détenant un animal intégralement protégé à le remettre spontanément à l’administration des Eaux et Forêts, afin d’éviter une procédure judiciaire.
CBO/KEAA/EN/AGP











Commentaires