Politique

Gabon/Sociétés de sécurité privée : le ministère de l’Intérieur lance les travaux d’examen des demandes pour assainir le secteur

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LIBREVILLE, 23 juin 2026 (AGP) – Le secrétaire général du ministère de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation, Malcon Djenno Ngomanda, a procédé, ce mardi à Libreville, à l’ouverture officielle des travaux de la commission d’examen des demandes d’autorisation d’exercer des activités de sécurité privée, avec pour objectif d’assainir le milieu, d’imposer le nouveau cadre juridique de la Ve République et d’aligner le secteur sur les priorités du développement national, a constaté l’Agence Gabonaise de Presse.

Pendant deux jours, la commission a pour mission de passer au crible 93 dossiers : 23 demandes concernent des sociétés de sécurité privée avec armes non létales, 68 sans armes et deux relatives à des entreprises de vente de matériel et d’équipements de sécurité. Ces requêtes englobent aussi bien des créations d’entreprises que des renouvellements d’agréments ou des mises en conformité réglementaire.

Pour les autorités, le message est clair : la sécurité privée doit appuyer l’État sans jamais s’y substituer. Le secrétaire général du ministère de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation, Malcon Djenno Ngomanda, a fermement rappelé les limites de ce secteur : « Il est du rôle et de la mission du ministère de l’Intérieur d’avoir un œil partout où la sécurité peut être mise en péril. Les forces de police nationale ont pour mandat de servir et de protéger le public en général, tandis que la sécurité privée constitue un rempart complémentaire aux forces de l’ordre pour protéger les biens et les personnes. »

Le secrétaire général a insisté sur le fait que ces entreprises « ne doivent pas être des répliques de la police ou de la gendarmerie », évoquant les lois strictes qui encadrent le port d’armes. Au-delà de l’aspect sécuritaire, le ministère veille également au volet social pour éviter la précarité et les pratiques abusives envers les employés. Pour lui, l’enjeu réside dans le fait d’empêcher ces structures « de devenir des milices privées ou de se soustraire à l’autorité publique ».

Cette session s’inscrit en ligne droite des ambitions économiques du Gabon, plus précisément dans le cadre du Plan national de croissance et de développement (PNCD) 2026-2030.

Secrétaire général du ministère de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation, Malcon Djenno Ngomanda.

Le directeur général de l’administration du territoire, Pam Hector Simba, a rappelé la vision politique qui sous-tend ces réformes, alors que la sécurité s’affiche au cœur des enjeux de la Ve République : « Il a été décidé de mettre en place un nouveau cadre juridique qui se matérialise par cette commission d’examen », a-t-il expliqué. « La mise en place de ce cadre juridique consiste à amener les opérateurs voulant exercer dans le domaine de la sécurité privée à se conformer aux nouvelles exigences de la Ve République. Ces exigences sont d’amener ces sociétés à sortir de l’informel et à se conformer à la nouvelle réglementation en vigueur, tout ceci pour garantir la sécurité de nos concitoyens. »

À travers le filtrage rigoureux de ces 93 dossiers, l’État gabonais entend bien reprendre fermement le contrôle d’un secteur stratégique pour en faire un partenaire fiable, légal et structuré de la sécurité publique.

LKM/TYM/CBM/RL/AGP

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