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Gabon-Sénégal/Justice : Augustin Emane au coeur du Centre national sénégalais du bracelet électronique

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LIBREVILLE, 20 octobre 2026 (AGP) – Le ministre gabonais de la Justice, Garde des Sceaux, chargé des Droits humains, Augustin Emane, a visité mardi le Centre national sénégalais du bracelet électronique et le pôle judiciaire financier de Dakar, dans le cadre de sa mission officielle au Sénégal, prévue du 18 au 21 octobre, en vue de s’inspirer de l’expérience sénégalaise en matière de peines alternatives à l’emprisonnement, a-t-on appris de source officielle.

Au Centre national sénégalais du bracelet électronique, la délégation gabonaise a été édifiée sur les modalités de mise en œuvre de la surveillance électronique, les catégories de personnes pouvant bénéficier de cette mesure ainsi que les résultats enregistrés depuis son introduction au Sénégal.

Cette présentation a été assurée par le directeur des Affaires criminelles et des Grâces, Leye Yakham, assisté du coordonnateur du Centre de surveillance électronique, Malick Dia.
Un dispositif pour désengorger les prisons.

Les échanges ont notamment porté sur les conditions légales d’accès au placement sous surveillance électronique, les spécificités liées à certaines infractions et les mécanismes de suivi des personnes concernées.

Au Sénégal, la mise en œuvre de cette mesure mobilise plusieurs acteurs judiciaires et pénitentiaires, dont le procureur de la République, le juge d’instruction, le juge de l’application des peines et les agents chargés du suivi en milieu ouvert.

Les bénéficiaires sont soumis à des obligations précises, notamment le respect des zones géographiques autorisées, des horaires fixés par les autorités compétentes et des exigences techniques liées au fonctionnement du dispositif.

Les spécialistes ont également présenté les étapes opérationnelles de la surveillance électronique, allant de l’enregistrement du bénéficiaire sur la plateforme et dans le registre dédié au paramétrage des horaires, à la définition des zones d’inclusion, d’exclusion et tampon, ainsi qu’au suivi des alertes et des éventuelles modifications des conditions de surveillance.

653 bracelets posés depuis le lancement du dispositif. Selon les données présentées à la délégation gabonaise, 653 bracelets électroniques ont été posés depuis la mise en place de la plateforme sénégalaise. Parmi eux, 411 relèvent de l’assignation à résidence sous surveillance électronique (ARSE), soit 62,94 % du total, contre 242 placements sous surveillance électronique (PSSE), représentant 37,06 %. Sur cet effectif, 370 bracelets ont été déposés, tandis que 283 demeurent actifs.

Les dépôts sont notamment liés à l’expiration des peines, aux mains levées, aux grâces présidentielles, aux révocations et aux décès. Les statistiques font également état de 33 femmes bénéficiaires, soit environ 5 % du total, contre 620 hommes, représentant 95 %.

S’agissant de la nationalité des bénéficiaires, 40 étrangers, issus de 14 pays, ont été recensés depuis l’entrée en vigueur du dispositif. Les ressortissants guinéens arrivent en tête avec dix bénéficiaires, suivis des ressortissants chinois (six), camerounais et français (quatre chacun), comoriens et nigérians (trois chacun). Les ressortissants maliens et sierra-léonais comptent deux bénéficiaires chacun, tandis que six autres nationalités sont représentées par un bénéficiaire chacune.

Dakar concentre près de la moitié des placements. Sur les 14 régions administratives du Sénégal, onze ont appliqué la mesure d’assignation à résidence sous surveillance électronique. La région de Dakar arrive en tête avec 291 poses, soit 44,56 % du total.

Elle est suivie de Diourbel (77), Tambacounda (65), Thiès (63), Saint-Louis (57), Louga (43) et Kolda (23). Les régions de Fatick, Kaolack et Matam comptent respectivement 13, 11 et neuf poses. Ziguinchor ferme la marche avec un seul bénéficiaire recensé.

Les données présentées font par ailleurs état de 17 personnes ayant échappé au dispositif depuis sa mise en œuvre, dont quatre ont été reprises. Parmi les personnes en fuite, douze avaient été placées sous assignation à résidence par un juge d’instruction. Cette situation souligne l’importance de l’évaluation préalable des bénéficiaires, notamment au regard de la stabilité de leur domicile et de la fiabilité de leurs coordonnées téléphoniques.

Le Gabon veut adapter l’expérience sénégalaise. La mission a également conduit la délégation gabonaise au pôle judiciaire financier de Dakar, une structure créée en 2024 et chargée notamment de la lutte contre la criminalité financière.

Cette visite a permis aux responsables gabonais de s’informer sur le fonctionnement de cette institution et sur les mécanismes déployés dans le traitement des infractions financières.

Au terme de cette mission officielle, Augustin Emane entend tirer parti de l’expérience sénégalaise pour accompagner la réflexion sur l’introduction des peines alternatives à l’emprisonnement au Gabon.

Cette démarche s’inscrit dans la perspective du désengorgement des établissements pénitentiaires, de l’amélioration des conditions de détention et de la modernisation du système judiciaire, conformément aux orientations des autorités de la Ve République.

L’adaptation du modèle sénégalais aux réalités juridiques et institutionnelles gabonaises constitue ainsi un enjeu majeur pour la mise en place d’un dispositif de surveillance électronique efficace et adapté.

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