LIBREVILLE, 9 décembre 2025 (AGP) – la table ronde consacrée aux violences liées au processus électoral et à la désinformation en ligne tenue lundi dernier, a permis à la cellule de monitoring des violences, codirigée par Women Go for Peace (WGP) et le Réseau des Défenseurs des Droits Humains en Afrique Centrale (REDHAC), de formuler des recommandations afin d’améliorer les processus électoraux à venir dans le pays, a-t-on noté.
À l’initiative de l’Institut International pour la Démocratie et l’Assistance Électorale (IDEA International), dans le cadre de son projet DEMGAB financé par l’Union européenne et le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères, une table ronde regroupant plusieurs acteurs du processus ainsi que les journalistes s’est tenue lundi Libreville.
Cette rencontre avait pour objectif de présenter les rapports finaux des cellules chargées du monitoring des violences électorales et de la surveillance de la désinformation en ligne, d’exposer les données observées durant les scrutins de 2025 et de formuler des recommandations pour les prochaines échéances électorales.
Il s’agit entre autres : l’adoption d’un cadre juridique ou d’une loi de régulation des réseaux sociaux pour prévenir la désinformation, les discours de haine et l’incitation à la violence, tout en garantissant la liberté d’expression ; faciliter l’accès à l’information pour éviter la désinformation ; renforcer le cadre juridique et le champ d’action de la Haute Autorité de la Communication (HAC) pour l’étendre aux réseaux sociaux ; renforcer les critères de recrutement des scrutateurs ; poursuivre systématiquement les auteurs de crimes et de violences électorales ; et institutionnaliser la signature d’un code de bonne conduite pour les candidats.
Selon le rapport de la cellule de monitoring des violences, codirigée par Women Go for Peace (WGP) et le Réseau des Défenseurs des Droits Humains en Afrique Centrale (REDHAC), 128 cas d’incidents de violences ont été enregistrés dans les 9 provinces du pays au cours des élections législatives et locales, contre 57 cas observés lors des élections présidentielles.
La coordinatrice de cette cellule, Hermina Akazong ép. Sabikanda, a précisé que ces violences étaient généralement psychologiques (intimidations, discours haineux, menaces, propos injurieux) et physiques (affrontements, altercations, bagarres, perturbations), pouvant aller jusqu’à la destruction de biens ou au détournement de fonds et de kits de campagne.
« Les violences observées étaient aussi majoritairement attribuées à des dysfonctionnements dans l’organisation interne des partis politiques et à des lacunes dans le processus électoral, telles que l’omission de certains candidats lors de l’impression des bulletins de vote », a-t-elle expliqué.

En parallèle, dans son rapport final, la cellule dédiée à la désinformation en ligne, coordonnée par la coalition Tournons La Page (Gabon), a pour sa part répertorié 117 signalements regroupant des contenus détectés sur les réseaux sociaux (vidéos, audios, messages ou autres publications) diffusés sur des plateformes telles que Facebook, WhatsApp, TikTok. « Les informations de ces signaux renvoyaient à des contenus trompeurs, des deepfakes, des attaques ciblées contre des individus ou des partis politiques, ou encore à des rumeurs locales ou anonymes destinées à influencer l’opinion ou à perturber le climat électoral », a indiqué le coordinateur de ladite coalition, Sentiment Elibiyo Ondo.
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