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Gabon/Port-Gentil/Affaire Satram–Alogis : 5 ans de prison pour le directeur général d’Alogis

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PORT-GENTIL, 1ᵉʳ juin 2026 (AGP) – Le tribunal de première instance de Port‑Gentil, dans l’Ouest du pays, a rendu ce lundi son verdict dans l’affaire opposant les employés de Satram‑EGCA à la société Alogis. Olivier Constant Nzue, directeur général d’Alogis, a été condamné à cinq ans d’emprisonnement, dont deux ans ferme et trois ans avec sursis, a constaté l’Agence gabonaise de presse.

Cette décision intervient plusieurs semaines après une intervention musclée qui avait suscité une vive tension au sein de l’entreprise et mobilisé les autorités judiciaires locales.

Selon les faits retenus par le tribunal, le responsable d’Alogis était accusé d’avoir conduit une expédition composée d’une vingtaine d’hommes vêtus de noir et cagoulés, dépêchés pour récupérer de force une barge et une drague revendiquées par son entreprise. L’opération avait semé la panique parmi les employés présents sur le site, poussant les agents de la brigade du port à solliciter l’intervention du procureur de la République pour constater les faits.

Le jugement rendu ce 1ᵉʳ juin constitue une étape importante dans un dossier qui a fortement retenu l’attention de l’opinion publique à Port‑Gentil.

Réagissant à la décision, le délégué du personnel de Satram‑EGCA, Dimitri Fouafoua, a exprimé un sentiment mitigé.

« Du côté civil, nous ne sommes pas vraiment satisfaits. Nous sommes sans salaire depuis plusieurs mois, harcelés et menacés. L’amende prononcée nous paraît insuffisante au regard des préjudices subis », a‑t‑il déclaré.

En revanche, il estime que la sanction pénale est à la hauteur de la gravité des faits.

« L’arrivée de ces hommes cagoulés nous a profondément choqués. Nous avions l’impression d’assister à une scène de milice. Il fallait que de tels actes soient sanctionnés afin de préserver l’image du pays et le respect de la loi », a‑t‑il ajouté.

Pour les salariés, la priorité demeure désormais la régularisation de leur situation sociale et financière.

Une vue du tribunal de Port-gentil.

« Nos attentes sont simples : entrer en possession de nos droits et percevoir ce qui nous est dû. Des employés ont été licenciés ou mis à la retraite sans être payés. Plusieurs familles vivent aujourd’hui dans une grande précarité et certains anciens travailleurs occupent encore les anciens locaux de Satram faute de logement », a expliqué M. Fouafoua.

Il a également dénoncé les difficultés rencontrées par d’anciens employés pour accéder à leurs pensions, appelant les autorités compétentes à trouver une solution durable à une crise qui affecte depuis plusieurs années des centaines de familles dans la capitale économique.

PMA/SMM/CBM/EN/AGP

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