LIBREVILLE, 8 avril 2026 (AGP) – En marge de la 10e édition du Marché africain de l’énergie (AEMP), consacrée à la consultation des parties prenantes sur le Pacte énergétique national, le responsable énergie Afrique de Tony Blair Institute for Global Change, Sergio Portatadino, a présenté les grandes orientations de cette stratégie, élaborée par le gouvernement gabonais en partenariat avec la Banque africaine de développement, a constaté l’Agence gabonaise de presse.
M. Portatadino a souligné que le taux d’accès à l’électricité au Gabon demeure « relativement élevé », avec une quasi-universalité en zone urbaine. Toutefois, le principal défi reste l’électrification d’environ 140 000 personnes, principalement en zones rurales, ainsi que la régularisation des usagers non comptabilisés. Il a également relevé la fragmentation du système électrique, marquée par l’existence de plusieurs réseaux isolés, plaidant pour leur interconnexion afin d’améliorer la fiabilité et de réduire les coûts.
Intégré à l’initiative « Mission 300 », portée par la Banque mondiale et la BAD, visant à raccorder 300 millions de personnes à l’électricité en Afrique subsaharienne d’ici à 2030, le Pacte énergétique national constitue la feuille de route du Gabon pour le développement du secteur. Il s’articule autour de cinq piliers, à savoir : le renforcement de la production et des infrastructures de réseau, l’intégration énergétique régionale, l’accès à l’électricité et à des solutions de cuisson propre, la mobilisation du secteur privé, ainsi que l’amélioration de la viabilité financière du secteur.
L’élaboration de ce Pacte a débuté en septembre 2025 par un diagnostic approfondi du secteur, suivi d’un atelier de validation technique le 18 mars dernier. La rencontre de Libreville s’inscrit ainsi dans une phase de consultation nationale, en vue d’une adoption officielle prévue en juin 2026.
Ce diagnostic a mis en évidence plusieurs contraintes, notamment l’écart entre les capacités installées et la production effective, le besoin de renforcer la coordination entre la planification électrique et l’approvisionnement en gaz, ainsi que les insuffisances en matière de recouvrement des factures et de priorisation des projets. Toutefois, des opportunités majeures existent, notamment l’abondance des ressources hydroélectriques et gazières, un portefeuille de projets en cours et un niveau de desserte déjà élevé.
Pour la mise en œuvre de ce Pacte, le Gabon devra mobiliser environ 1,6 milliard de dollars, avec un recours accru aux financements privés. À travers cette initiative, les autorités gabonaises réaffirment leur engagement à garantir, à l’horizon 2030, un accès universel à une énergie fiable, abordable, durable et propre, au service de la croissance économique et de la souveraineté nationale.
CM/RL/FSS/EN/AGP











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