PORT-GENTIL, 28 septembre 2026 (AGP) – L’Association des sages-femmes du Gabon (ASFG), antenne de l’Ogooué-Maritime, a organisé lundi à Port-Gentil une table ronde consacrée à la réduction des décès maternels évitables dans la Région sanitaire maritime, sous le thème : « Zéro décès maternel évitable dans la Région sanitaire maritime : collaboration entre structures sanitaires publiques et privées pour une maternité sans risque », a constaté l’Agence gabonaise de presse.
La rencontre a réuni plusieurs acteurs de la chaîne de soins, notamment des responsables de structures sanitaires publiques et privées, des gynécologues-obstétriciens, des médecins, des réanimateurs et des sages-femmes. Elle visait à analyser les causes des décès maternels et à dégager des recommandations concrètes en vue d’améliorer la prise en charge des femmes enceintes.
Selon la présidente de l’ASFG, antenne de l’Ogooué-Maritime, Vanessa Laurelle Akoma Abiaga, dix femmes sont décédées dans la province depuis janvier 2026, dont huit décès considérés comme évitables après analyse.
« Depuis le mois de janvier 2026, 10 femmes sont mortes dans notre province en donnant la vie ou en essayant de la donner. 10 décès en neuf mois, c’est le taux de mortalité maternelle le plus élevé au Gabon, et c’est chez nous », a-t-elle déclaré.
Pour la responsable, derrière ces statistiques se trouvent des familles endeuillées et des enfants privés de leur mère. Elle a estimé que la prévention de ces décès passe par une analyse de l’ensemble du parcours de soins.
« Un décès maternel est presque toujours une chaîne : un retard à décider de consulter, un retard à atteindre la structure, un retard à recevoir les soins une fois arrivée », a expliqué Vanessa Laurelle Akoma Abiaga, appelant à identifier les différents maillons susceptibles d’être améliorés.
Elle a également insisté sur la nécessité d’une réponse collective. « Nous savons aussi que nous ne pouvons rien seules. La mort d’une mère n’est jamais l’échec d’un seul corps de métier. Le problème est collectif, la réponse doit l’être aussi », a-t-elle souligné.

Photo de famille des 1er acteurs de santé concernés par le suivi des femmes enceintes.
Pour sa part, la directrice régionale de Santé, Raissa Johnson, a salué l’initiative de l’ASFG, estimant qu’elle s’inscrit dans la lutte contre la mortalité maternelle et infantile, « qui constitue une priorité absolue de santé publique ».
Elle a rappelé que cette démarche s’inscrit dans le cadre de la Stratégie nationale de réduction de la mortalité maternelle et infantile, ainsi que dans celui de l’audit systématique des décès maternels et néonatals, rendu obligatoire par une note du 11 mars 2026 de la ministre de la Santé.
« Nous souhaitons que cette table ronde soit plus efficiente, plus dynamique et enrichissante, afin qu’au sortir de ces assises, nous ayons des recommandations pour la réduction de la mortalité néonatale et maternelle au niveau de notre province », a indiqué Raissa Johnson.
Les travaux devraient déboucher sur des recommandations concrètes et immédiatement applicables, ainsi que sur l’élaboration d’un plan d’action visant à renforcer la collaboration entre les structures sanitaires publiques et privées et à améliorer la prise en charge des femmes enceintes.
« Je m’engage à travailler main dans la main avec l’ensemble des acteurs que nous sommes pour transformer nos constats en solutions durables », a conclu la directrice régionale de Santé.
PMA/FSS/FE/FSS/AGP












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