Société & Culture

Gabon/Littérature : Honorine Angue Mintsa signe son entrée dans le monde des lettres avec «L’Étreinte du Silence»

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LIBREVILLE, 27 juin 2026 (AGP)- L’auteure gabonaise Honorine Angue Mintsa Ondo, également chargée de la communication de l’ONG Génération Ekang, a officiellement présenté ce samedi au Musée national des Arts, Rites et Traditions de Libreville son premier roman, intitulé “L’Étreinte du Silence”, à l’occasion d’un vernissage littéraire, a constaté l’Agence gabonaise de presse.

À travers cette œuvre initiatique, l’écrivaine invite les lecteurs à une réflexion profonde sur la place des traditions dans une société de plus en plus marquée par la modernité.

Prenant la parole devant les invités, Honorine Angue Mintsa Ondo a expliqué que son inspiration est née d’un constat préoccupant : l’effritement progressif des valeurs culturelles transmises par les anciens. Selon elle, lorsque la tradition est bien comprise et correctement transmise, elle constitue un véritable refuge pour les générations futures. Face à une jeunesse de plus en plus influencée par les réseaux sociaux et les modèles extérieurs, l’auteure estime qu’il devient urgent de raviver «la flamme» de l’héritage culturel afin d’éviter que les repères identitaires ne disparaissent définitivement.

L’auteur du roman l’Etreinte du silence, Honorine Angue Mintsa.

Au cœur du récit figure Naïa, une jeune femme partagée entre deux univers. Promise dès sa naissance à un guerrier, symbole des traditions ancestrales, elle est séduite par un homme incarnant la modernité et les promesses d’un monde nouveau. Éblouie par cette nouveauté, elle s’éloigne progressivement de ses racines avant de réaliser que cette rupture entraîne la perte de tout ce qui fonde son identité. À travers ce parcours, l’auteure développe un message fort : il ne s’agit pas d’opposer tradition et modernité, mais de construire un dialogue équilibré entre les deux. «Nos traditions ne sont pas des chaînes, elles sont des racines qui nous permettent de grandir», a-t-elle souligné.

Le vernissage a également été marqué par les interventions de deux universitaires gabonaises de renom. Justine Mintsa, éminente femme de lettres et universitaire, figure majeure de la littérature africaine, connue notamment pour son roman Histoire d’Awu, a salué une œuvre qui participe à la valorisation de l’identité culturelle gabonaise.

De son côté la docteure en anthropologie politique, professeure au Laboratoire de sociologie (LABSOC) et essayiste, Emmanuelle Nguema Minko, dont les travaux portent sur la reconstruction du lien social et les conséquences des crises politiques en Afrique, a mis en avant la nécessité de puiser dans les valeurs culturelles locales pour bâtir un développement durable et renforcer la cohésion sociale.

VMC/JM/CBM/EN/AGP

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