LIBREVILLE, 26 novembre 2025 (AGP) – Les promoteurs des établissements d’enseignement supérieur privés tirent la sonnette d’alarme après plusieurs années de croissance soutenue, le secteur traverse une crise financière aiguë liée au non-paiement, depuis près de trois ans, des arriérés dus par l’État, ont indiqué plusieurs responsables d’écoles interrogés par l’Agence gabonaise de presse.
Créés pour offrir une alternative locale aux étudiants autrefois contraints de s’expatrier vers le Maroc, le Sénégal, la Côte d’Ivoire, la Tunisie, l’Afrique du Sud ou encore la France et le Canada, ces établissements privés ont longtemps été considérés comme un relais essentiel de la politique nationale de formation. Leur essor avait permis de diversifier l’offre académique et de maintenir de nombreux jeunes au pays.
Mais cette dynamique est aujourd’hui compromise. Les établissements affirment faire face à de graves difficultés de trésorerie, provoquées par l’accumulation des dettes publiques liées aux frais de scolarité des étudiants orientés dans le privé. Plusieurs structures peinent à payer leurs enseignants, à assurer le fonctionnement courant ou à maintenir le niveau d’équipement requis.
« Nous sommes arrivés à un point critique. Sans apurement des arriérés, certains établissements risquent de fermer», a confié un promoteur, soulignant que le secteur privé «complète l’offre publique et participe à la formation nationale ».
Selon les acteurs concernés, la volonté affichée par les autorités de privilégier la formation dans le pays devrait logiquement s’accompagner d’un mécanisme d’accompagnement financier durable. Ils appellent à la mise en place d’un plan de soutien, incluant la régularisation de la dette, une meilleure concertation avec les institutions et un cadre de partenariat stable.
Pour les responsables du secteur, l’enjeu dépasse la survie des établissements : il concerne l’avenir de milliers d’étudiants et la capacité du Gabon à préparer ses ressources humaines. « La formation est la colonne vertébrale du développement. Nous demandons simplement les moyens de continuer notre mission », ont-ils insisté.
RL/JM/WM/AGP










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