Politique

Gabon : le sénateur Georges Mpaga interpelle sur les chantiers inachevés de la Transition

0

LIBREVILLE, 14 septembre 2026 (AGP) – À la veille du Conseil des ministres délocalisé à Port-Gentil, dans la province de l’Ogooué-Maritime, le sénateur Georges Mpaga a, dans une déclaration rendue publique le 13 septembre, interpellé le chef de l’État sur les chantiers inachevés initiés pendant la Transition, a-t-on noté.

L’élu du département d’Etimboué et figure de proue de la lutte contre la corruption a, sur un ton ferme, réclamé des comptes sur le sort d’une enveloppe de 7 milliards de francs CFA injectée dans la commune de Port-Gentil durant la Transition. Un réquisitoire chiffré et documenté qui remet en cause la gestion de fonds publics censés désenclaver la capitale économique de l’Ogooué-Maritime.

L’objectif affiché à l’époque était limpide : désenclaver les quartiers populaires et métamorphoser le réseau routier local. Trois ans après, le parlementaire dresse un tableau peu reluisant de la gestion de cette enveloppe spéciale.

Selon lui, sur les six chantiers majeurs programmés, un seul a véritablement été mené à terme : l’axe du tournant SEEG, dans le 3e arrondissement, confié à l’entreprise SOCO TP et livré aux populations. Tous les autres tronçons, en revanche, s’enlisent ou stagnent purement et simplement : la route Transfo – Mini Prix dans le 2e arrondissement, l’axe Antenne Massuku – Boulangerie de l’Aéroport, la voie Boulangerie Matanda – Nouveau Marché Moukala, ainsi que le tronçon Carrefour Camp Boiro – Nouveau Marché Moukala, confiés pour la plupart aux entreprises SOCO TP et DELORS SCES, demeurent inachevés à ce jour.

À cela s’ajoute la réfection du Lycée d’État, censée absorber à elle seule 3 milliards de FCFA, une somme colossale qui, selon le sénateur, aurait pu financer la construction de trois établissements scolaires modernes flambant neufs, plutôt qu’une simple rénovation dont l’ampleur reste à démontrer. Au final, cette radioscopie sans concession dresse un constat implacable : cinq chantiers sur six à l’arrêt, soit un taux d’abandon de 80 %, avec des effets immédiats sur le quotidien des populations.

« Les quartiers de Massuku, Moukala, Camp Boiro et ceux du 2e arrondissement demeurent ainsi prisonniers de l’enclavement, condamnés à affronter, chaque saison des pluies, leur lot de boue, de routes impraticables et de calvaire quotidien », a-t-il souligné.

Pour le sénateur, le préjudice dépasse largement la seule dimension matérielle. Sur le plan financier d’abord, ce sont des deniers publics engloutis sans retour tangible pour la population. Sur le plan social ensuite, ce sont des populations livrées à elles-mêmes, contraintes de composer avec des infrastructures inachevées. Sur le plan institutionnel enfin, c’est une défiance grandissante qui s’installe entre citoyens et action publique, creusant chaque jour un peu plus le fossé entre gouvernants et gouvernés.

Loin de se contenter d’un simple constat, Georges Mpaga formule des revendications précises, adressées directement à la Très Haute Autorité du président de la République. Il sollicite d’abord le déclenchement immédiat d’un audit physique et financier portant sur l’intégralité de l’enveloppe des 7 milliards, puis exige la mise en demeure sans délai des entreprises jugées défaillantes, à savoir SOCO TP et DELORS SCES. Il appelle enfin à la mobilisation urgente des moyens nécessaires pour achever, une bonne fois pour toutes, les quatre axes routiers toujours en souffrance.

Dans sa déclaration, le parlementaire martèle une formule qui pourrait bien devenir un cri de ralliement contre la mal-gouvernance locale : les populations de l’Ogooué-Maritime ne réclament pas de milliards supplémentaires, elles exigent simplement que les sept milliards déjà mobilisés servent enfin à désenclaver Port-Gentil. Un appel vibrant qui résonne comme un ultimatum politique, à quelques jours seulement de la visite présidentielle.

RLN/TYM/FE/FSS/AGP

Côte d’Ivoire : le président Mamadi Doumbouya poursuit sa visite officielle à Abidjan

Article précédent

Gabon : ouverture de l’atelier BAD-CEMAC sur la mise en œuvre du SDMX et l’implémentation de l’Open Data Platform

Article suivant

Commentaires

Laisser une réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Plus dans Politique