LIBREVILLE, 30 septembre 2026 (AGP) – Six groupes de travail ont remis, mercredi, au ministre gabonais de l’Économie numérique, de la Digitalisation et de l’Innovation, Mark-Alexandre Doumba, un ensemble de 22 défis et 36 recommandations pour la future Stratégie nationale d’intelligence artificielle (IA), en marge de la cérémonie de clôture des travaux préparatoires qu’il présidait, a constaté l’Agence Gabonaise de Presse
Les participants, issus des secteurs public et privé ainsi que des incubateurs nationaux, étaient répartis en six groupes thématiques : fondation et gouvernance des données ; talents et compétences ; infrastructures numériques et capacités de calcul ; IA digne de confiance et responsable (régulation) ; innovation et développement économique ; transformation du secteur public.
S’appuyant sur la vision d’« une IA responsable au service de la souveraineté, de l’innovation et du développement du Gabon d’ici 2030 », les experts ont formulé plusieurs recommandations. En matière de responsabilité, ils préconisent un cadre réglementaire définissant l’éthique, désignant l’organe de régulation et précisant les missions de chacun. Pour la souveraineté, ils recommandent de réduire la dépendance aux solutions étrangères, d’héberger et de classifier les données au Gabon. Ils appellent également à dynamiser la recherche nationale afin de développer des solutions d’IA performantes et adaptées aux besoins locaux. Sur le plan du développement, l’IA doit contribuer à une administration plus efficace, à des entreprises plus productives et à une meilleure qualité de vie.
Parmi les 22 défis identifiés, figure en premier lieu la disponibilité des données : ouvrir les données de l’État aux administrations, aux startups et à l’écosystème, renforcer l’interopérabilité et le partage sécurisé, et valoriser les données comme ressource économique. Le financement de l’innovation constitue un autre défi : l’État est appelé à faciliter l’accès aux banques, au FGIS, à la BCEG, au capital-risque, aux incubateurs et aux accélérateurs. Concernant les infrastructures numériques, les experts recommandent d’améliorer l’existant plutôt que de repartir de zéro. Enfin, la formation des formateurs doit s’appuyer sur la création d’un réseau d’experts et d’un référentiel pédagogique et de compétences, destiné à orienter la révision des programmes scolaires.

Les experts venus des différentes administrations et secteurs.
Pour favoriser l’appropriation de la stratégie par la population, les experts suggèrent un cadre incitatif incluant une zone franche dédiée à l’IA et des technopôles réunissant écoles, incubateurs, accélérateurs et investisseurs. Ils proposent également des campagnes de sensibilisation dès le primaire, des hackathons et des événements grand public.
À l’issue de cet atelier de co‑création, le ministère de l’Économie numérique et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) compileront les recommandations en deux à cinq piliers dans un rapport d’atelier. Les groupes devront ensuite préciser les objectifs stratégiques, les actions, les secteurs et usages prioritaires, les porteurs de projets et les échéances.
Le PNUD et le ministère rédigeront ensuite le projet de stratégie, incluant le plan d’action, le financement, la gouvernance et les indicateurs de suivi‑évaluation. Le texte sera adopté lors d’un atelier de validation, puis présenté au gouvernement avant sa promulgation.
CM/MIM/FE/CBM/AGP












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