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Gabon/Football / Chronique – Sportivement : tout mettre à plat

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LIBREVILLE, 20 avril 2026 (AGP) – À la suite de l’interruption, par le ministre des Sports Paul Ulrich Kessany, du processus électoral visant l’élection du président de la Fédération gabonaise de football (Fégafoot), une délégation conjointe de la Fédération internationale de football association (Fifa) et de la Confédération africaine de football (Caf) séjourne au Gabon depuis samedi. Sa mission : évaluer l’ampleur de la crise multiforme qui secoue le football national et déterminer s’il existe une ingérence de l’État gabonais. Décryptage.

Sans préjuger des conclusions et recommandations à venir, l’on peut espérer que cette mission fera preuve d’impartialité et de rigueur pour analyser les maux qui minent actuellement le football gabonais. En clair, qu’elle ne cherchera pas à préserver des intérêts particuliers. La crise qui étreint le sport roi est profonde et ne saurait être réduite à une simple querelle de personnes.

Le football gabonais, englué dans des conflits d’intérêts, repose sur un système dépassé privilégiant le très court terme, avec pour objectif principal la quête de résultats immédiats. Cette logique se traduit par l’absence d’une véritable plateforme programmatique et par un manque d’ambition manifeste. Elle permet à certains acteurs de profiter du système, de multiplier les déplacements et d’entretenir l’illusion d’une vitalité footballistique.

Conséquence : la quasi-disparition du football amateur, des championnats départementaux et du football féminin.

Le football national est également fortement influencé par les acteurs politiques. La majorité des clubs ont été créés par d’anciens ministres ou hauts responsables, souvent pour accroître leur popularité auprès de la jeunesse locale ou pour capter des subventions publiques. Ces fonds servent parfois davantage à régler des intérêts personnels ou à recruter des joueurs à l’étranger qu’à former les jeunes, contrairement aux engagements du contrat-programme de 1998. De ce fait, les clubs constituent aujourd’hui une force d’inertie, freinant toute innovation ou réforme.

À cela s’ajoute le scandale de pédocriminalité révélé en décembre 2021 par le journal britannique The Guardian. Des centaines de jeunes auraient été victimes d’agressions sexuelles. Le sélectionneur des U17, Patrick Assoumou Eyi, dit « Capello », ainsi que deux entraîneurs de clubs, Orphée Mickala et Triphel Mabicka, ont été inculpés et placés sous mandat de dépôt. En mars 2025, « Capello » a été banni à vie par la Fifa. Cette affaire a profondément affecté la formation des jeunes, d’autant que d’autres prédateurs présumés seraient encore en liberté.

C’est à ces maux – et à bien d’autres – que les nouvelles autorités entendent s’attaquer, dans le cadre de la réforme globale des institutions du pays, y compris la Fégafoot. Il apparaît donc nécessaire de tout mettre à plat afin de jeter les bases d’un football moderne, structuré et efficace.

JNA/WM/CBM/AGP

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