LIBREVILLE, 5 septembre 2026 (AGP) – La mobilisation de l’épargne nationale au service du financement du développement a été au cœur de l’entretien avec l’administrateur directeur général de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), Marius Nkori, qui revient sur le rôle de l’institution, la contribution de la diaspora et les mécanismes de transparence destinés à encadrer les ressources collectées.
AGP : Dans le prolongement du Forum national de l’épargne pour le développement (FONED), quelle portée revêt le lancement du Fonds national d’épargne et de développement pour la CDC et, plus largement, pour le financement du développement au Gabon ?
Marius Nkori : La Caisse des dépôts et consignations (CDC) est le bras stratégique de l’État en matière d’investissement. Le Fonds national d’épargne et de développement est une initiative portée par les plus hautes autorités pour accompagner le Plan national de transition et de développement. L’objectif est de financer nos besoins structurants par la mobilisation des ressources nationales.
Concrètement, ce fonds marque un changement de paradigme. Pour financer notre économie, nous n’avons plus systématiquement besoin d’emprunter auprès des établissements de crédit ou à l’extérieur. Il s’agit désormais de déterminer quelle part de nos besoins peut être financée par les Gabonais eux-mêmes.Cela commence par la collecte de l’épargne nationale, sa structuration, puis son orientation vers des investissements de long terme. Jusqu’à présent, notre marché était largement dominé par des financements à court terme, peu adaptés à la réalisation d’infrastructures d’envergure.
Avec le tournant du 30 août et la mise en œuvre du Plan national de croissance et de développement (PNCD), nous devons restructurer nos finances publiques en misant prioritairement sur la ressource locale.
AGP : La diaspora constitue également une importante source de financement. Quel rôle souhaitez-vous lui faire jouer dans ce nouveau modèle ?
Marius Nkori : Historiquement, la diaspora a souvent été perçue sous un angle essentiellement politique ou médiatique. Nos études récentes permettent aujourd’hui de dépasser cette vision. Grâce à une cartographie précise, nous avons recensé plus de 85 000 Gabonais résidant à l’étranger, dont environ 20 000 sont des actifs susceptibles de contribuer directement à l’économie nationale.
En 2023, les transferts financiers de la diaspora vers le Gabon ont représenté près de 10 milliards de francs CFA. C’est un chiffre significatif, mais encore sous‑exploité.
Avec des canaux mieux structurés et sécurisés, ce volume peut augmenter considérablement. Sur un horizon de cinq à dix ans, nous estimons notre capacité de mobilisation auprès de la diaspora à au moins 100 milliards de francs CFA. C’est donc un levier majeur pour le développement du pays.
AGP : La mobilisation de l’épargne suppose avant tout la confiance des épargnants. Quels mécanismes la CDC entend‑elle mettre en place pour garantir la transparence et la bonne gestion des fonds collectés ?
Marius Nkori : Conformément à la feuille de route fixée par le Vice‑Président de la République, notre priorité est de restaurer la confiance avec l’ensemble de nos clients, qu’ils soient particuliers ou institutionnels. Cela repose sur trois piliers : la confiance, la gouvernance et une supervision rigoureuse.
Sur le plan institutionnel, notre gestion est encadrée à trois niveaux distincts.
D’abord, le contrôle parlementaire, à travers lequel les deux chambres du Parlement exercent un droit de regard sur nos activités.
MIM/EN/CBM/AGP











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