LIBREVILLE, 19 juin 2026 (AGP) – Les déchets ménagers représentent une véritable opportunité économique pour le Gabon, à condition de structurer les filières de recyclage et d’encourager les initiatives de valorisation, ont estimé les participants au débat d’idées organisé jeudi à Libreville sur le thème : « Imaginer les circuits de recyclage de demain », a constaté l’Agence Gabonaise de Presse.
La rencontre, qui a réuni les acteurs publics, privés et de la société civile autour du directeur général adjoint de l’Environnement et de la Protection de la nature (DGEPN), a notamment mis en lumière les défis liés à la gestion de la décharge de Mindoubé, dont les impacts environnementaux affectent les écosystèmes voisins, notamment les ressources halieutiques et les essences forestières de la mangrove.
Les résultats d’une étude de caractérisation des déchets de Mindoubé, présentés par la directrice QHSE de Clean Africa, indiquent que les ordures ménagères sont composées d’environ 40 % de matières organiques, 18 % de plastiques mélangés, 9 % de textiles et 5 % de verre, autant de matériaux susceptibles d’être recyclés ou valorisés. Les intervenants ont toutefois relevé que le manque de structuration des filières et l’insuffisance du tri à la source constituent les principaux obstacles au développement d’une véritable économie circulaire.
Plusieurs initiatives en cours ont été présentées au cours des échanges. Clean Africa a développé un biodigesteur permettant de transformer les déchets organiques en biogaz à usage domestique, tandis que le verre récupéré est recyclé en sable destiné à la fabrication de pavés et aux travaux de crépissage.
Dans le secteur du plastique, la start-up Revadac transforme les déchets en matériaux de construction et développe des activités de compostage et de méthanisation pour la production de biogaz, a expliqué son directeur général, Paul Alogui Revoula. De son côté, la responsable environnement de la Façade maritime du Champ Triomphal (FMCT) a présenté le projet de mini-station de traitement des eaux usées de la Baie des Rois, ainsi que les actions de sensibilisation au tri sélectif menées auprès des commerces.
Le directeur général du Réseau gabonais pour l’environnement et le développement durable (RGEDD), Afane Edou, a plaidé pour un meilleur accompagnement des récupérateurs et recycleurs. L’organisation œuvre notamment à la formation des jeunes actifs de Mindoubé et à leur structuration en associations reconnues, tout en favorisant un marché équitable entre les recycleurs et les entreprises utilisatrices des matières recyclées. Les entreprises ont, à cet effet, été invitées à soutenir ces initiatives dans le cadre de leurs politiques de responsabilité sociétale.
Sur le plan institutionnel, les pouvoirs publics entendent renforcer le cadre réglementaire à travers l’application de la législation sur les plastiques à usage unique et la multiplication des campagnes de sensibilisation. Le futur centre de traitement des déchets de Nkoltang, annoncé aux normes internationales, devrait contribuer à moderniser la gestion des déchets au Gabon. Parallèlement, une étude financée par l’Ambassade de France, présentée par Michel Bovin, accompagne le processus de fermeture progressive de la décharge de Mindoubé.
Au terme des échanges, les participants ont souligné que les déchets ménagers ne constituent plus uniquement un enjeu environnemental, mais également un levier de création de richesses, d’emplois verts et de nouvelles filières industrielles. Ils ont appelé à une mobilisation concertée des pouvoirs publics, du secteur privé et de la société civile afin de faire de l’économie circulaire un véritable moteur de développement durable au Gabon.
CM/MIM/CBM/RL/AGP









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