LIBREVILLE, 12 septembre 2026 (AGP) – Dans un entretien accordé à l’Agence Gabonaise de Presse (AGP) vendredi, le député Anicet Engo, premier vice-président de la Commission des finances de l’Assemblée nationale, a relevé les enjeux de cette session, les délais impartis des travaux menés et les attentes autour du budget 2027 de l’Etat.
Agence Gabonaise de Presse : le Parlement a amorcé sa seconde session ordinaire le 1er septembre 2026, en quoi consistera -t-elle ?
Anicet Engo : Cette deuxième session est consacrée essentiellement aux questions budgétaires. Elle permet aux parlementaires d’examiner de manière approfondie le projet de loi de finances transmis par le gouvernement, de l’amender et de l’adopter afin de donner à l’exécutif les moyens nécessaires à la mise en œuvre de ses politiques publiques et à la réponse aux préoccupations des populations.
Il faut rappeler que cette session n’est pas une initiative du Parlement. Elle est prévue par l’article 85 de la Constitution, qui dispose que le Parlement se réunit en deux sessions ordinaires. La première s’ouvre le premier jour ouvrable du mois de mars et s’achève le dernier jour ouvrable du mois de juin. La deuxième s’ouvre le premier jour ouvrable de septembre et prend fin le dernier jour ouvrable de la troisième semaine de décembre”.
Existe-t-il un délai accordé au Parlement pour se prononcer sur le projet de loi de finances ?
” Oui. Les délais sont prévus par les textes. Le gouvernement doit transmettre le projet de loi de finances au Parlement dans les quinze jours suivant l’ouverture de la deuxième session. Celle-ci ayant débuté le 1er septembre, le projet devrait donc être transmis au plus tard le 16 septembre. Une fois le texte transmis, l’Assemblée nationale dispose de 45 jours pour l’examiner, l’amender et l’adopter, tandis que le Sénat dispose de 20 jours. Donc le parlement dispose de 65 jours, c’est le délai constitutionnel, prévu par la loi.
Pour que ce projet de loi soit examiné avec sérieux par les parlementaires ou par les députés, il faudrait que le délai soit respecté, pour permettre aux députés d’avoir leurs 45 jours prévus par la loi. Parce que c’est le budget qui sera exécuté, c’est le budget qui porte les besoins de nos populations, c’est le budget qui met en œuvre les politiques publiques.
Les parlementaires doivent donc disposer du temps nécessaire pour proposer des amendements permettant d’aboutir à un budget plus sincère et beaucoup plus réaliste pour permettre d’améliorer les conditions de vie de nos concitoyens”.
Quels sont les enjeux de cette session, en termes de ressources, de dépenses et des grandes orientations de l’action publique ?
Nous attendons d’abord le projet de texte. C’est ce texte qui définit quelles sont les ressources, les dépenses et les grandes orientations fixées par le gouvernement.
Il faut dire que c’est le gouvernement qui élabore le projet de loi de finances et l’exécute, tandis que le Parlement l’examine, l’adopte et peut y apporter des amendements.
L’enjeu principal pour nous est donc de procéder à un examen sérieux et serein afin de produire un budget beaucoup plus sincère. Le budget doit refléter la situation réelle du pays et répondre aux préoccupations réelles de nos concitoyens”.
Les députés vont examiner la toute première loi de finances de la quatorzième législature. Quels sont les défis qui les attendent?
” Le premier défi sera d’examiner le projet de loi de finances avec sérénité et objectivité. Mais cette sérénité dépend aussi du respect des délais prévus par la loi. Maintenant, si nous recevons le projet en retard et que nous aurons peut-être 20 jours, 15 jours, vous comprenez que nous serons hors la loi. Mais nous espérons que les délais prévus par la loi seront respectés par le gouvernement et par le parlement pour pouvoir donner à notre pays une loi de finances beaucoup plus sereine. Je tiens quand même à préciser que ça va être le premier projet de loi de finances initial examiné par la quatorzième législature. Toutefois, nous avions déjà, au cours de la dernière session, examiné le projet de loi des finances rectificatives de l’année 2026. Ça nous a permis de comprendre les enjeux. Pour ce projet de loi, les enjeux sont beaucoup plus énormes parce que celle-ci va fixer le cap de la nation”.
Quelle est la différence entre cette session budgétaire et la précédente ?
“La première session est principalement consacrée à l’examen des textes de loi. À titre d’exemple, nous avons examiné 33 textes d’ordonnances au cours de la précédente session et nous en avons adopté 23. Donc c’est vraiment la session des lois et exceptionnellement, on peut examiner la loi rectificative lorsqu’elle arrive, comme ça a été le cas.
La deuxième session est véritablement dédiée uniquement aux questions budgétaires. Elle revêt donc une importance capitale pour la vie de la nation. Vous savez, c’est le budget qui fixe le cap, c’est le budget qui montre la direction et c’est à partir du budget qu’on comprend les enjeux et la volonté du gouvernement d’amener le pays le plus loin possible”.
Votre mot de fin ?
” En tant que député et premier vice-président de la Commission des finances, notre première attente est que le budget soit sincère, que le projet de loi qui sera envoyé soit sincère. C’est un principe fondamental en matière de question budgétaire. Il faut que le budget reflète l’image réelle. La deuxième chose c’est qu’il faut que ce budget réponde véritablement aux préoccupations de nos populations. Les attentes sont énormes et l’État a la mission d’y répondre.
Nous espérons donc que ce budget réunira tous ces aspects et que nous parlementaires disposeront de temps nécessaire pour l’examiner avec objectivité et transparence, pour produire à notre pays un budget 2027 digne d’un Gabon qui se transforme, d’un Gabon qui veut aller loin et qui se bâtit pour le bien de ses populations. C’est ce pourquoi le président s’est engagé d’abord le 30 août 2023, renouvelé par le peuple gabonais le 12 avril 2025. Et c’est ce mandat également que les populations nous ont donné le 27 septembre 2025 pour donner à notre pays les raisons d’espérer et de croire qu’un nouveau Gabon se bâtit sous la direction de Brice Clotaire Oligui Nguema”.
CFB/TYM/FE/FSS/AGP












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