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Gabon/Chronique Sportivement : Kessany, le coup de pied dans la fourmilière

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Le ministre gabonais des Sports, Paul Kessany.

En annonçant aux responsables des clubs du National-Foot que l’Etat envisagerait très sérieusement de supprimer la subvention allouée aux clubs depuis 1998, le nouveau ministre des Sports, Paul Ulrich Kessany, a franchi un pas que beaucoup de ses prédécesseurs ont toujours refusé de franchir. Sans doute par crainte d’être étouffés puis coulés par de puissantes mains noires. Décryptage.

C’est un pas dans la bonne direction, et nous sommes tout aise pour en parler. De fait nous avons toujours dénoncé l’hypocrisie des responsables de clubs, qui n’ont toujours rien proposé pour le décollage de notre football. Convaincus que les clubs sont d’utilité publique et qu’ils donnaient sa chance à la jeunesse, ils se sont illustrés dans la roublardise et la supercherie, pour ne pas respecter les clauses du Contrat programme signé en décembre 1998, ou fouler au pied les conclusions des différents états généraux sur le football.

Mis en place par feu Alexandre Sambat alors ministre des Sports, ce contrat stipulait que, pour bénéficier de la subvention de 50 millions, chaque club doit avoir en son sein, les minimes, cadets et juniors. L’ écrasante majorité des clubs n’en a pas tenu compte, mais l’Etat continuait, malgré tout, à remplir sa part de contrat.

En octobre 2012, Raymond Ndong Sima, alors Premier ministre lance le championnat professionnel. L’ Etat débloque 14 milliards de FCFA, pour la saison inaugurale, 10 milliards pour la suivante, puis 6 milliards etc. Les choses étaient pourtant claires dès le départ : l’Etat accompagnait les clubs pendant un temps, avant de se retirer, une fois que la mayonnaise aurait pris. Là encore les clubs, qui recevaient au bas mot 30 millions par mois, ont fait échouer le processus, en tentant de pousser à la fonctionnarisation de notre football, oubliant que les clubs sont des entités privées. Le pire c’est que l’argent a été détourné, dilapidé. Et c’est ainsi qu’en 2017, 9 joueurs de Akanda FC et 5 de Missile FC ont assigné en justice leur club pour salaires impayés.

Finalement les clubs sont victimes de leurs propres turpitudes. Et à cause d’eux le remède, a fini par tuer le malade, la subvention devenant un facteur bloquant. Fallait-il continuer dans ce désordre ? Le ministre vient de donner la réponse. Reste à savoir s’il aura les épaules assez larges pour résister aux torpilles clandestines et à la puissance des lobbies.

JNA/FE/FSS/AGP

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