LIBREVILLE, 21 juillet 2026 (AGP) – Une délégation de rois et chefs traditionnels du Gabon, conduite par Sa Majesté Louis Paul Eliwatchango, roi Agungu Mpongwé, a remis mardi au ministre de la Justice, garde des Sceaux chargé des Droits humains, Augustin Emane, un projet de texte visant à créer une structure juridique des chefferies traditionnelles en République gabonaise.
Cette rencontre fait suite à une première audience tenue le 5 juin dernier, au cours de laquelle les représentants des autorités traditionnelles s’étaient engagés à élaborer un texte destiné à encadrer juridiquement les chefferies et à préciser leurs missions, leurs droits et leurs obligations.
Composé de plus d’une cinquantaine de pages, le document propose un cadre légal destiné à reconnaître officiellement les chefferies traditionnelles et à mieux organiser leur fonctionnement.
Selon les initiateurs du projet, cette reconnaissance permettrait de renforcer leur rôle dans la préservation des valeurs culturelles, la promotion de la cohésion sociale et l’accompagnement spirituel des communautés.
« Il y a ceux qui gouvernent avec les lois humaines et ceux qui soutiennent spirituellement le pays », a déclaré Louis Paul Eliwatchango, estimant que les autorités traditionnelles constituent un complément aux institutions de la République dans leurs domaines de compétence.

Le ministre de la Justice Garde des Sceaux chargé des Droits humains, Augustin Emane (en veste au milieu) entouré des chefs traditionnels et de ses collaborateurs au terme de la rencontre.
Le texte prévoit notamment les conditions de désignation et d’intronisation des rois, conformément aux us et coutumes, ainsi que des enquêtes de moralité préalables à leur reconnaissance officielle. Les promoteurs du projet estiment qu’un tel dispositif contribuera à instaurer davantage de discipline et d’organisation au sein des chefferies traditionnelles.
Réagissant à cette initiative, le ministre de la Justice a salué la démarche tout en invitant les porteurs du projet à définir avec précision l’objet de cette future loi. Il a également insisté sur la nécessité d’assurer une représentation de l’ensemble des provinces du Gabon dans l’architecture de la future organisation.
Augustin Emane a, par ailleurs, rappelé que cette structure devra s’inscrire dans le respect des institutions de la République et ne saurait se substituer aux pouvoirs publics. Il a encouragé les chefs traditionnels à clarifier les rapports entre les chefferies, les autorités spirituelles et les traditionnalistes afin de garantir la cohérence du dispositif envisagé.
À l’issue de l’examen technique par les services compétents du ministère de la Justice, le projet pourrait être transmis au Secrétariat général du Gouvernement, avant son éventuel examen en Conseil interministériel, en Conseil des ministres, puis devant le Parlement pour l’adoption d’un cadre juridique consacré aux chefferies traditionnelles.
FSS/EN/CBM/AGP










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