BITAM, 12 juillet 2026 (AGP)– Aux confins de la province septentrionale du Gabon, dans le département du Ntem dont Bitam est le chef-lieu, cette ville du nord du pays constitue le poumon socio-économique de la zone des trois frontières (Gabon–Cameroun–Guinée équatoriale) où l’activité économique y est particulièrement dense. Décryptage.
Dans ce contexte, cette cité d’environ cinquante mille habitants est en permanente effervescence, de jour comme de nuit.
L’étranger de passage sera agréablement surpris. Les Bitamois, notamment les plus jeunes, sont entreprenants et présents dans plusieurs secteurs d’activité : le transport urbain et suburbain, la chasse, l’agriculture, le petit commerce, ainsi que le commerce transfrontalier.
« Trois à quatre fois par semaine, je traverse la frontière pour acheter des biens de consommation courante, parfois introuvables ici, que je livre ensuite à mes abonnés. Il y a aussi de l’eau minérale », confie, sous le sceau de l’anonymat, un jeune Bitamois d’une trentaine d’années, au volant de sa petite voiture.
Dès 5 heures du matin, les principaux marchés de la ville connaissent déjà une forte affluence. Le pic d’activité est atteint aux alentours de 6 heures, avec les premiers déchargements de produits agricoles en provenance des différents villages du département. Le célèbre bâton de manioc « Anizock », très apprécié des Gabonais, figure parmi les produits les plus recherchés.
La jeunesse bitamoise s’est également investie depuis longtemps dans la vie politique.
L’ élection d’Aubin Mbeang Ondo, dit « Jack », au bureau du conseil municipal de Bitam en 2016, alors qu’il n’avait qu’une trentaine d’années, en est une parfaite illustration.
Toutefois, on ne saurait visiter Bitam sans faire un détour par les célèbres carrefours « Démocratie » et « Mbatsua ». Dès la tombée de la nuit, ces lieux deviennent les principaux points de rassemblement de la ville.
Entre une gorgée de bière, un morceau de porc ou de poisson braisé et un flot ininterrompu de décibels, les Bitamois, jeunes comme moins jeunes, refont le monde. « Bitam a ne state », entend-on ici et là, en référence aux États-Unis d’Amérique.
Il est un peu plus de 21 heures, jeudi écoulé, lorsque nous quittons les lieux, avant de prendre congé de Bitam au petit matin du vendredi.
EMM/SMM/FE/EN/AGP









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