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Gabon/Aviculture : lancement de l’élaboration du plan national de surveillance de l’IAHP

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LIBREVILLE,16 mars 2026 (AGP) – Le ministre des Eaux et Forêts, de la Protection de l’Environnement, du Climat et des Conflits Homme-Faune, Maurice Ntossui Allogo, représentant le ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et du Développement rural, Pacôme Kossy, a procédé lundi à Nkok, au lancement des travaux d’élaboration et de validation du premier plan national de surveillance intégrée de l’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP), a appris l’Agence Gabonaise de Presse de source ministérielle.

La cérémonie s’est déroulée en présence de la ministre de la Santé, de l’Ambassadrice de l’Union européenne au Gabon, Cécile Abadie, du Directeur général adjoint de l’Élevage et délégué du Gabon auprès de l’OMSA, Morgan Bignoumba, ainsi que des représentants de la FAO, de l’OMS, du CDC-Africa et de plusieurs institutions nationales.

Pour rappel, le Gabon a enregistré ses premiers foyers d’IAHP en 2022 dans la zone de Méyang, causant la mort d’environ 15 000 volailles, avant que la maladie ne s’installe sous forme enzootique dans la province de l’Estuaire, qui regroupe plus de 70 % des élevages avicoles du pays, puis qu’un nouveau foyer de H5N1 ne soit confirmé en septembre 2025 au Cap Estérias avec près de 1 000 mortalités supplémentaires. Ces épisodes ont mis en évidence l’insuffisance du système national de détection précoce et de réponse rapide, entraînant des pertes économiques importantes pour les éleveurs et des risques pour la santé publique.

Dans son allocution, ministre des Eaux et Forêts, de la Protection de l’Environnement, du Climat et des Conflits Homme-Faune, a rappelé que « les changements climatiques, la mondialisation, les activités humaines et bien d’autres facteurs ont accru l’incidence des agents pathogènes émergents et réémergents », soulignant que l’influenza aviaire « présente une menace pour les industries agricoles, les moyens de subsistance des populations, la sécurité alimentaire et une menace potentielle pour la santé humaine ». Il a ajouté que les épisodes de 2002 et de 2025 « ont montré clairement l’absence d’un système de détection précoce et de réponses rapides face aux maladies animales », avant d’exprimer l’espoir que les travaux permettront de produire « un document offrant des conseils pratiques sur l’identification de la maladie, la détection et la réponse rapide ».

Prenant la parole au nom de l’OMSA, Morgan Bignoumba a rappelé que « deux tiers des maladies infectieuses humaines sont issues des animaux » et que ce chiffre « peut atteindre 75 % pour les maladies infectieuses émergentes ». Il a souligné que les maladies transfrontalières telles que la grippe aviaire, Ebola ou la variole simienne « ont clairement démontré à quel point les agents pathogènes se transmettent facilement des animaux à l’homme », notamment dans un contexte de dégradation des habitats et de changement climatique. Il a précisé que le projet ZOOSURSY, financé par l’Union européenne, vise à « renforcer les systèmes de surveillance et développer les capacités et les connaissances sur les maladies zoonotiques émergentes et réémergentes dans 17 pays d’Afrique ».

Pour sa part, l’ambassadrice de l’Union européenne, a rappelé que l’atelier « arrive à point nommé pour le Gabon », qui a connu ses premiers foyers en 2020 et fait face à l’interdiction prochaine d’importation de poulets de chair à partir du 1er janvier 2027. Elle a souligné que ce contexte « accentue le besoin de disposer d’un système solide de surveillance et de contrôle des principales maladies aviaires ». Présentant le programme ZOOSURSY, financé à hauteur de 20 millions d’euros, elle a indiqué qu’il « s’inscrit dans le cadre des objectifs de la stratégie mondiale de l’Union européenne pour la santé » et qu’il vise à « appliquer les résultats des recherches scientifiques à l’élaboration de nouvelles politiques législatives et de cadres d’évaluation des risques ».

Elle a également rappelé que la santé animale, humaine et environnementale est « interdépendante », ajoutant que « des milliards de personnes dépendent des animaux d’élevage pour leurs moyens de subsistance, tandis que les animaux sauvages sont cruciaux pour la sécurité alimentaire et les services écosystémiques ».

Pour ce plan de surveillance national, un groupe de travail technique de 18 experts issus des services vétérinaires, de la santé publique, de la faune, des laboratoires nationaux et de la société civile a été constitué pour conduire les travaux. L’atelier technique qui se tient du 16 au 18 mars, permettra d’élaborer le plan national de surveillance intégrée de l’IAHP et de définir un plan opérationnel de mise en œuvre, avec l’appui d’un expert vétérinaire épidémiologiste du réseau ZOOSURSY. L’atelier de validation qui aura lieu du 19 au 20 mars, réunira ensuite 28 participants, incluant les organisations professionnelles, les associations de consommateurs et les partenaires techniques.

À l’issue des travaux, 200 exemplaires du plan seront reproduits et diffusés aux services vétérinaires déconcentrés, aux autorités environnementales, aux plateformes One Health et aux autres parties prenantes.

CBM/WM/EN/AGP

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