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Gabon/12 avril 2025 – 12 avril 2026 : « Un an après, le constat impose de relever que la société gabonaise bouge dans le bon sens… », dixit André Adjo

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LIBREVILLE, 12 avril 2026 (AGP) – C’est la substance de l’interview accordée à l’Agence gabonaise de presse, sur la première année du magistère du président de la République Brice Clotaire Oiigui Nguema, par le politologue André Adjo, chercheur au Groupe d’études politiques et de défense (GREPOD), à l’Institut de recherches des sciences humaines et du Centre national de la recherche scientifique et technologique et chargé de recherche CAMES en sciences politique.

AGP : Quel état des lieux pouvez-vous faire sur les actions multiformes, dans tous les domaines, menées par le président de la République, un an après son accession à la magistrature suprême ?

André Adjo : “Une année après l’élection de Brice Clotaire Oligui Nguema à la présidence de la République, l’appréciation des actions posées peuvent prendre appui sur son discours d’investiture daté du 3 mai 2025. En effet, conforme à l’esprit de son projet de société « Bâtissons l’édifice nouveau pour notre essor vers la félicité », ce discours reprenait quelques idées maitresses circonscrites autour de la souveraineté économique et industrielle, du nécessaire effort en infrastructure diverse, l’optimisation de l’organisation et du fonctionnement de l’Etat, des questions sociales diverses (énergie, eau, vie chère, etc.), ou encore du retour du Gabon sur la scène continentale, etc. Un an après, le constat impose de relever que la société gabonaise bouge dans le bon sens même si tous les aspects de la vie sociale, économique et politique ne connaissent pas le même rythme d’évolution.

Sur le plan économique, on peut noter la reprise en main d’une partie de la production pétrolière, manganésienne, halieutique, agricole. La généralisation des chantiers sur le plan infrastructurel sur tout le territoire gabonais (route, ponts, édifice public, etc.). On constate plusieurs initiatives sur la rationalisation de l’action de l’Etat, à l’image du processus de numérisation ou de digitalisation ciblant plusieurs aspects de la vie dudit Etat. Cependant, on note une impatience des populations par rapport aux domaines de la vie sociale dans lesquels la société gabonaise a accumulé des retards importants : eau, énergie ou situations administratives. Cette impatience concerne aussi les questions touchant la vie chère dont la Centrale d’achat est une tentative réponse. Il est vrai que la résolution de certaines de ces questions demande du temps et des ressources.”

Quelles appréciations faites-vous de ces actions ?

“Le président Brice Clotaire Oligui Nguema a pris la mesure du pouvoir et les secousses telles que la grève du secteur éducation devraient avoir une incidence dans sa façon d’ajuster et conforter son équilibre. Dès le départ, le président a séduit les gabonais et suscité beaucoup d’espoir. Bien au-delà de la volonté qu’on lui reconnait, il bénéficie d’une légitimité qui devrait constituer un véritable viatique tout au long de son mandat. Toutefois, entre l’exigence résolue de faire progresser le Gabon avec les contraintes, les sacrifices que cela impose pour tous et cette bienveillance qui a été sa marque de fabrique dès le départ, il doit toujours veiller à garder une oreille attentive au bruit qui lui parvient des « Matitis » ou des villages. Ces bruits, qui ont le mérite d’être authentique, renseignent sur les aspirations de ceux qui, nombreux, n’ont pas toujours droit de cité et véhiculent parfois une vérité qu’il n’entendra jamais ailleurs.”

Quelles améliorations proposez-vous pour une bonne traduction en actes, du programme politique de l’Exécutif, le PNCD tiré du projet de société à l’origine du plébiscite du chef de l’Etat le 12 avril 2025 ?

“En plus de la volonté et la détermination qu’il doit conserver tout au long de son mandat, il nous semble que la seule difficulté structurelle à laquelle pourrait être confronté le président de la République se situe au niveau de la disponibilité des ressources financières. A ce titre, il doit tout faire pour les garantir pour chacun des projets annoncés ou amorcés. Il est souhaitable qu’il veille à un cadre rigoureux de gestion de la dette publique pour s’assurer la marge nécessaire tout au long de son mandat. Par ailleurs, nous souhaitons qu’il institutionnalise la culture de l’évaluation avant, pendant et après le déploiement des initiatives publiques. Il faut que le président garde la main sur les initiatives qu’il impulse. C’est ici une des conditions de sa réussite, celle du Gabon.”

Propos recueillis  par SN/TYM/FSS/EN/AGP

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