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Franceville : un seul médecin-pédiatre pour toute la province

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Le seul médecin-pédiatre du Haut-Ogooué, Dr Evelyne Avoume Epse Ella Missang, consultant un enfant.

Très connue des altogovéens, le Dr Evelyne Avoume Epse Ella Missang exerce comme le seul médecin-pédiatre de la province au Centre hospitalier régional Amissa Bongo à Franceville, la capitale provinciale du Haut-Ogooué (Sud-est). Une situation très pénible pour ce pédiatre qui reçoit en moyenne 50 patients par jour et pour les populations qui doivent souvent partir des départements (environ 11, ndlr) pour la rencontrer.

Le mercredi 11 Mai écoulé matin, dès 6h 00, le service pédiatrie du Centre hospitalier régional Amissa Bongo est déjà bondé de mamans avec leurs enfants. Accompagnées de leurs enfants malades, elles viennent de tous les recoins de la province, pour rencontrer la spécialiste des enfants, le Dr Evelyne Avoume Epse Ella Missang, pour une consultation ou encore un avis pédiatrique. Et, conscientes de l’affluence qui y règne, ses mamans pour la plupart sont debout dès l’aurore pour être parmi les premiers patients à être reçus.

«Le Dr Evelyne est le pédiatre de tous mes enfants. Elle effectue toujours un excellent suivi. Elle prend toujours tout son temps avec les enfants, pour être sûre de donner un bon diagnostic. C’est vraiment une femme de cœur, car, même si elle est le seul pédiatre, elle ne refuse jamais un patient. Nous sommes heureux de l’avoir dans cette province. En revanche, le fait qu’elle soit seule est vraiment un problème. Il y a beaucoup de malade et parfois vous passez toute une journée à cause de l’affluence avant d’être reçu», a expliqué Mariame, mère de trois enfants.

En effet, le ‘’Dr Evelyne’’, comme appelée affectueusement par les altogovéens, est l’unique médecin pédiatre de la province. Dès 7h 00, l’infirmière qui l’accompagne reçoit les carnets des arrivants et les classe par ordre d’arrivée, tout en privilégiant les malades en provenance des départements. Dès 8h00, elle débute avec les consultations externes. Consultations, remise de bon d’examens, d’ordonnance, hospitalisation n’en finit pas de toute la journée. Sans une minute de répit, ni de pause déjeuner, un patient après l’autre et cela jusqu’à parfois tard dans la nuit. Exténuée, c’est souvent à 20h que notre Docteur quitte son lieu de travail pour rentrer chez elle et s’occuper de sa famille.

«Comme vous le savez, je suis le seul pédiatre de l’hôpital public, de la province et donc du coup les malades viennent de toute la contrée. J’ai des malades qui viennent non seulement de Franceville, de tous les départements de la province, mais aussi de Lastourville et Booué. Vous voyez qu’à n’importe quel moment de la journée et même à 17h, un malade peut arriver et je suis obligée de le recevoir. Nous recevons au minimum 50 patients par jour seulement en consultation externe. En dehors de la consultation externe, nous avons également les malades qui sont reçus aux urgences, il y a également les malades de la néonatologie, les nouveaux nés, ils sont également consultés chaque jour. En général, nous savons à quelle heure nous venons à l’hôpital, mais nous ne savons pas à quelle heure nous partons», a fait savoir le Dr Evelyne, avec un sourire.

S’agissant des pathologies auxquelles elle est le plus confrontée, le Dr Evelyne explique que le paludisme et ses complications, est la plus fréquente, avec pour facteur favorisant la malnutrition. Car, le paludisme s’aggrave rapidement sur un terrain de malnutrition chez l’enfant. «L’une des raisons pour lesquelles nous prenons beaucoup de temps avec les patients, c’est la prévention qui passe par l’éducation. Nous essayons, lors des consultations, de prendre le temps d’expliquer aux mamans les mesures d’hygiènes et de diététiques pour leurs enfants afin d’éviter les complications liées à la malnutrition», explique-t-elle.

Pour le Dr Evelyne, qui abat chaque jour son travail avec amour, la première difficulté à laquelle elle est confrontée dans l’exercice de son travail, c’est le fait d’être seule.

«Le travail est vraiment très important et je suis le seul pédiatre. Aujourd’hui, la médecine pédiatrique évolue et les avis sont de plus en plus pointus. Donc lorsqu’on demande d’avoir un avis pédiatrique, il faut d’abord que moi je le donne. Je ne peux pas demander à un généraliste de le faire. Ici, au niveau du Centre hospitalier régional Amissa Bongo, il y a trois gynécologues, trois chirurgiens, trois réanimateurs, plusieurs généralistes. Mais il n’y a qu’un seul pédiatre. Ce qui rend la tâche de travail vraiment énorme. Si cette situation demeure comme telle, que deviendra la province, si jamais, je m’en vais. Car, je suis ici, en rapprochement d’époux. A n’importe quel moment mon époux peut être appelé à servir l’Etat hors de la province, et moi je partirai avec lui. Que deviendra le service pédiatrie dans le Haut-Ogooué ?», a-t-elle souligné.

Aujourd’hui, le Gabon promeut une politique de natalité par la mise en place de la gratuité des accouchements. Ce qui, en conséquence, augmente la population pédiatrique du pays. Malheureusement, bien que les pédiatres soient formés au niveau local, à l’Université des sciences de la santé (USS), et qu’il en sort pratiquement chaque année, on est à même de se demander comment l’une des provinces les plus peuplées du pays se retrouve avec un seul médecin pédiatre. Sachant que la population pédiatrique est l’une des couches les plus vulnérables. Comment la deuxième province du Gabon avec une population de plus de 250 000 habitants se retrouve avec un seul médecin pédiatre?

Vivement que les autorités sanitaires du pays jettent un regard particulier sur cette question en affectant au moins deux médecins pédiatres dans la province du Haut-Ogooué. Rappelons que tout agent de l’Etat est appelé à servir partout où le besoin se fait ressentir.

ZSO/AGP-Franceville

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