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La sortie dans les réseaux sociaux de Mario Lémina le 29 mars dernier, au cours de laquelle le milieu de terrain gabonais et sociétaire de Fulham FC (Premier League) s’est ouvertement pris à des journalistes de la chaîne Gabon Première, mérite qu’on s’y attarde. Car les confrères qui ont essuyés des critiques et des insultes ne faisaient que leur travail : celui d’analyser la prestation catastrophique des Panthères du Gabon à Luanda en Angola.

Alors que quatre jours avant, la sélection du Gabon avait “humilié” son pendant de la République démocratique du Congo à Franceville (3-0), les hommes de Patrice Neveu, se rendaient à Luanda pour y affronter les Palancas Negras, bon dernier du groupe D. Avec une équipe amputée de certains de ses cadres (Aubameyang, Bouanga, Lémina, Ndong, Boupendza, Poko), Patrice Neveu a dû faire sans eux en alignant des jeunots qui ont été complètement décevants. Une prestation qui a eu des conséquences dans ces éliminatoires, puisque le Gabon terminera 2e du groupe, derrière la Gambie qui participera à sa première phase finale de Can.

Comme la profession de journaliste l’oblige, chaque prestation d’une équipe nationale ou club obéit à un traitement particulier de cette actualité qui engage toute une nation, l'équipe nationale pour le cas d'éspèce.

Pour ce qui est de la télévision, ce traitement va du briefing à la diffusion du match, en passant par le débriefing, pour analyser la prestation des athlètes. Un format que nos confrères de la télévision nationale pris en grippe par Mario Lemina ont effectivement appliqué avant, pendant et après la rouste reçue contre l’Angola. 

Pour Mario Lémina, les journalistes de Gabon Première ont dit des « choses » qu’ils « ne maitrisaient pas », et  leurs critiques « n’avaient pas lieu d’être ». Pour lui, les journalistes devaient plutôt « encourager les jeunes » qui, pour certains, disputaient leur premier match avec la sélection, «et certains pas à leurs postes» de prédilection. Allez-y comprendre…

Très remonté, l’ancien joueur de la Juventus Turin qui ne compte que trois buts en sélection en 18 matchs, va lâcher en tournant son téléphone vers son poste téléviseur : « Regardez-moi les gens comme ça ! Vous n’avez rien dans la tête », avait-il chargé dans une vidéo devenue virale tournée sur son compte Instagram.

Mario Lémina qui a promis de répondre désormais aux journalistes qui porteraient des critiques envers les Panthères voulait-t-il juste que ces hommes et femmes de médias  qui n’ont « rien dans la tête» applaudissent la prestation ridicule des Panthères face aux Palancas Negras ? Au seul motif que «ces jeunes n’ont pas d’expérience». Quelle aberration !

A l'évidence, cette sortie du milieu offensif gabonais qui continue de faire couler beaucoup d’encre et de salive est un défi, voire une guerre lancée contre la presse sportive gabonaise. D’ailleurs, l’Union gabonaise de presse sportive (UGP) n’a pas tardé à condamner l’attitude déshonorante et indigne du footballeur, en lui exigeant «plus de respect » envers les journalistes gabonais qui ne font que leur travail. 

Face à la déferlante qu’a suscitée sa sortie, Lémina qui a compris qu’il venait de commettre une ‘’boulette’’, s’est fendu d’une autre vidéo dans laquelle il essayait, sans convaincre, de justifier son acte de défiance. Indiquant qu’il ne s’était pas adressé à tous les journalistes sportifs gabonais. Se comportant comme une personne n’ayant reçu aucune éducation, notamment celle du respect des aînés, puisque les journalistes injuriés le sont, Mario Lémina est resté droit dans ses bottes, affirmant «que les choses ne seront plus comme avant».

Selon « Super Mario », les jeunes internationaux qui ont joué en Angola n’ont pas d’expérience et les journalistes devaient plutôt les encourager et non « les descendre ». Etonnant pour un joueur qui connait les exigences du haut niveau. 

Peut-être faudrait-il rappeler à notre cher Lémina que l’équipe nationale est censée regrouper le gotha des meilleurs joueurs du Gabon. Ce qui veut dire que lorsqu’un joueur s’y trouve, il fait partie des meilleurs. Et ce dernier devrait être prêt à le prouver sur le terrain, même s’il ne dispute que son premier match.

Une logique et une exigence qui obéissent au raisonnement de Pierre Corneille qui disait :  «Je suis jeune, il est vrai, mais aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années». Par cette citation, l’auteur français voulait exprimer le fait que le talent et les dons innés n’ont pas besoin d’attendre les années de maturité avant de s’exprimer. Et Mario Lémina devrait le comprendre. 

Si on reconnait que la presse gabonaise dans sa globalité accuse certaines insuffisances en raison de la non-maîtrise des codes de cette noble profession par certains (non diplômés et journalistes mal formés), Mario Lémina qui s’est pris à toute une corporation devra assumer les conséquences qui découleront de sa sortie maladroite et désobligeante. 

Kennedy ONDO MBA

 

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