LIBREVILLE, 27 avril 2026 (AGP) – Les déboires de l’Union sportive de Bitam (USB), cette saison comme les précédentes, sont la preuve de l’extrême fragilité de la plupart des clubs gabonais qui ne doivent leur existence réelle autant que leur aisance financière qu’à leur « propriétaire », qui, le plus souvent, sont des politiques. Malheureusement, l’affaiblissement ou le retrait, de ces derniers, est, ipso facto, vécu comme une tragédie, à défaut de sonner le glas de l’équipe. Décryptage.
C’est René Ndemezo’Obiang qui eut la très bonne idée de ressusciter ce vieux club fondé en janvier 1947 par Gaston Peyrille, un commerçant français et tombé en déshérence après le décès de ce dernier en 1962. Fin connaisseur du football, ancien international et un des grands joueurs du mythique club « Les As », René avait la nette et claire ambition de bâtir un grand club à Bitam. Son idée force était, disait-il, de briser la monotonie ambiante, provoquer des effets d’entraînement sur le plan économique et transformer la ville d’Ondo Nkoulou en un bouillon de culture. Bref il fallait faire vivre la ville des trois frontières tout en consolidant son aura politique, surtout auprès de la jeunesse de Bitam et du Woleu-Ntem, de façon générale.
La direction du club est alors confiée à André Bertrand Ombagho. Très vite la mayonnaise va prendre. L’USB est championne du Woleu-Ntem en 1997-1998 et monte en D1. Un grand nom s’assoit sur le banc : Emmanuel Kundé. Pour sa première année, l’ex-capitaine des Lions indomptables du Cameroun, remporte la Coupe du Gabon en 1999. L’USB va amorcer une ascension fulgurante. Trois fois champion du Gabon (2003, 2010,2013), trois fois vainqueur de la Coupe du Gabon (1999, 2003 et 2010), avec en sus un doublé coupe championnat en 2010 et plusieurs apparitions en coupe d’Afrique. Son centre de formation va produire des joueurs tels que Poko, Ndong Ngaleu, Ebanega ou Stevy Nzambé. D’autres vont s’illustrer, à l’image d’Erwin Nguema ou le Tchadien Lokossimbaye Loko un véritable tueur des surfaces etc.
Avec tous ces succès l’UBS va devenir le club le plus populaire du Gabon, comptant une base de supporters estimés à 20 000 et des abonnés de l’ordre de 3 000.
C’est ce bel héritage qui est en train de fondre comme du beurre au soleil, sous nos yeux, après le « retrait » de la scène politique de René Ndemezo’Obiang. On assiste à un « formidable » gâchis marqué par des conflits d’intérêts, une crise de gestion et de gouvernance sans précédent et des sanctions sur le plan international. Visiblement, la voix du « propriétaire » n’est plus audible, pas plus qu’il ne tienne ferme la barre, sinon on n’assisterait pas à cette chienlit.
JNA/WM/FE/AGP










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