Après un Mondial fortement marqué par l’immixtion des politiques et le poids écrasant de l’argent, retour au Gabon où l’actualité footballistique s’est emballée avec l’annonce d’une bonne nouvelle par la Fégafoot : la nomination du sélectionneur des Panthères du Gabon, Sébastien Migné qui a signé pour 4 ans, avec pour principal objectif une qualification au Mondial 2023, une gageure …
Au regard de la proximité des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des Nations (Can 2027) prévues le 21 septembre et le 6 octobre 2026, la Fédération gabonaise de football (Fégafoot) a, dans l’urgence, dévoilé, le 15 juillet dernier, le nom du sélectionneur national. Il s’agit du Français Sébastien Migné, qui a conduit Haïti au dernier Mondial. L’avenir nous dira si c’est une belle pioche que vient de réaliser la Fégafoot. Toutefois, d’après les informations que nous avons pu glaner, il faut reconnaître que le technicien français a beaucoup travaillé en Afrique. D’abord comme adjoint de Claude Leroy – au Congo, Togo et en RDC- et de Rigobert Song au Cameroun. Ensuite, et enfin, comme sélectionneur principal au Congo, au Kenya et, récemment, à Haïti.
Arrivé dans notre pays jeudi dernier, les premières déclarations du technicien français nous laissent plutôt dubitatif : « Le projet est clair. Nous nous sommes entendus avec le président Pierre Alain Mounguengui pour essayer de faire rêver le peuple gabonais en qualifiant, pour la première fois, cette équipe pour une Coupe du monde. Nous partons sur un projet qui s’inscrit jusqu’en 2030. Il y aura une période de transition avec une génération un peu déclinante qu’il faudra remotiver en vue des prochaines échéances de la Can ». On note ici qu’il envisage une qualification au Mondial 2030 et non à la Can de l’année prochaine. Est-ce à dire que les éliminatoires de la Can serviront tout juste à mieux passer la « transition avec une génération déclinante » ? Un contrat à court terme peut-il permettre au Gabon de rêver grand ou s’agit-il d’un argument de campagne électorale pour son nouveau patron ? De deux choses l’une soit, du haut de son expérience, il se dit que rien ne peut le dépasser, soit on ne lui a pas bien expliqué les problèmes actuels du football gabonais et le travail qui l’attend.
C’est vrai que le Gabon a raté d’un point, la qualification au Mondial 2026, se classant meilleur deuxième des éliminatoires de la compétition, mais, n’a pu franchir les barrages, à cause d’un manque d’effectif conséquent. C’est vrai aussi que les Panthères du Gabon se sont qualifiées pour la Can 2025, là encore la compétition a viré au pire, à la désillusion. S’il se base sur ces « performances » pour fonder son optimisme, il est à craindre qu’il ne passe à côté de la plaque.
Il faut donc que M. Migné sache que le football gabonais traverse une profonde crise. Que l’équipe nationale, en fin de cycle, présente des carences rédhibitoires. Comme par exemple l’absence d’un bon gardien de but et d’un latéral droit de métier. La charnière centrale est vieillissante. D’ailleurs le patron de la défense et capitaine de l’équipe, Bruno Ecuele Manga a déjà pris sa retraite internationale. Tout aussi proche de la retraite, les milieux, Kanga Guelor, Ibrahim Ndong et le top player Pierre Emerick Aubameyang qui aura 41 ans en 2030. Deux autres cadres Mario Lemina et Denis Bouanga auront 37 et 36 ans en 2030, donc en préretraite. Bref la colonne vertébrale de la sélection est exténuée. Et si on y ajoute l’absence de profondeur de banc, le manque d’expérience des jeunes loups et qu’il suffit que deux ou trois joueurs soient absents ou en méformes pour être en grande difficulté, on mesure d’autant mieux l’étendue des problèmes de la sélection nationale.
En un mot la crise qui secoue le football gabonais est telle, qu’il faut une plate-forme programmatique à moyen et long terme, avec un accent particulier sur la formation rigoureuse des jeunes, pas du placebo !
Par J. NGOM’ANGO












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