Le Mondial 2026 a pris fin hier avec le sacre du champion d’Europe en titre, l’Espagne, qui est venu à bout de l’Argentine (1-0) et qui aura été l’équipe la plus solide, sans doute aussi la mieux préparée et structurée. Cette victoire est le couronnement d’une politique de formation aboutie. Mais au-delà de ce happy end, on aura déploré l’instrumentalisation du Mondial par les politiques, la montée du racisme, de la xénophobie et, pour une fois, le football a perdu de sa magie, de son langage universel…
Un peu comme chez nous au Gabon, le football a été domestiqué lors de cette Coupe du monde élargie et, pour une fois, la Fédération internationale de football association (Fifa) a été réduite à sa plus simple expression, enfin ou presque. A tel point que son président Gianni Infantino a passé le plus clair de son temps à essayer de se justifier sur de nombreux abus, restrictions et autres carences constatés en dehors des stades notamment. De toute évidence, ce Mondial aura été un véritable révélateur de la face hideuse du monde occidental désormais étreint par la bête immonde. Ici le racisme n’est plus rampant, il est à couper au couteau ! Alors que le moment était propice pour tendre la main à son prochain, accueillir à bras ouverts le monde, les USA, pays phare de ce mondial 2026 ont plutôt usé de manœuvres dolosives pour tenter de verrouiller les frontières, sans doute pour contenter une partie de l’électorat nationaliste.
Dans un contexte pourtant particulier, marqué par la tenue d’une des compétitions les plus suivies de la planète, où l’on s’attendait à un brassage des populations pour un laps de temps, la montée des nationalismes, la tentation du repli sur soi, les humiliations ont plutôt surpris. L’expulsion de l’arbitre somalien qui n’avait aucun antécédent judiciaire ajoutée, la pitoyable attaque raciste d’une sénatrice paraguayenne, Celeste Amarilla, contre Mbappé, capitaine de l’Equipe de France, ont achevé de convaincre ceux qui en doutaient encore, qu’on était au-delà d’un football dont la particularité est de transcender les clivages politiques, de cultiver la tolérance, la fraternité, le fair-play etc.
Que dire de l’Afrique ? Dans cette compétition élargie à 48 équipes, qui dure plus longtemps que les précédentes, exige des joueurs en qualité et en quantité, l’Afrique a tenu son rang. Pour nous le bilan est positif dès lors qu’on ne voyait même pas trois ou quatre équipes franchir le premier tour. Or, et c’est là où c’est intéressant, 9 sélections sur 10 ont accédé au deuxième tour. Et si on sait exactement d’où viennent les équipes africaines, on se rendra vite compte qu’elles ont beaucoup progressé. Désormais l’Afrique joue sans complexe au haut niveau. Le Cap-Vert, qui a terminé le premier tour sans défaite, est d’ailleurs un bel exemple. Moquée en début de compétition, cette jeune sélection a tenu en échec l’Espagne (0-0), vainqueure du Mondial, avant de pousser l’Argentine, finaliste de ce Mondial elle aussi, aux prolongations après un extraordinaire retournement de situation (3-2).
Cependant, les équipes africaines ont pêché au niveau des attaques qui auront été inefficaces, mais aussi et surtout par une mauvaise gestion des avances, quand il y en avait, et un coaching désastreux, qui a souvent déstructuré tactiquement les équipes en fin de match.
Ceci étant, bravo à l’Espagne et rendez-vous en… Espagne qui organisera, en 2030, le Mondial avec le Maroc et le Portugal.
Par J. NGOM’ANGO









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