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Chronique Sportivement/Fifa : le soutien de l’Afrique suffira-t-il à sauver Infantino ?

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Depuis pas mal de temps, le président de la Fédération internationale de footbal association (Fifa), Gianni Infantino fait face à une fronde menée par l’Union des associations de football européennes (Uefa), qui l’accuse de vouloir tuer l’éthique du football, en envisageant de privatiser le Mondial et les autres compétitions. La pression est tellement forte qu’on se demande combien de temps tiendra-t-il encore sur son fauteuil ?

L’Uefa, ne décolère pas. Et pour cause, le président de la Fifa Gianni Infanttion, « se croyant tout permis » selon le politologue Pascal Boniface, a voulu ouvrir les compétitions de la Fifa aux investisseurs privés à travers le projet « Fifa foward entreprise ». Il n’en fallait pas plus pour qu’une pluie de critiques assorties de menaces claires de boycott du Mondial des Européens, des Asiatiques et de la puissante Confédération d’Amérique du Nord, d’Amérique centrale et des Caraïbes (Concacaf) ne s’abattent sur le Suisse. Les frondeurs craignent une marchandisation du football, des possibles conflits d’intérêt, la mort de l’éthique du football et, surtout, la gestion solitaire de ce dossier sensible par Infantino. La pression était tellement forte sur le Suisse, qu’il a, aussi sec, opéré un rétropédalage et annuler son projet, mais le mal était déjà fait.

Aujourd’hui, c’est son fauteuil qui est sérieusement menacé, d’autant plus que plusieurs voix s’élèvent déjà pour demander sa démission. A vrai dire la Fifa est sortie du dernier Mondial très affaiblie. Pour, une fois l’instance faîtière du football mondial, a été réduite à sa plus simple expression, subissant les faits, mise en « cage » par le pays phare de la Coupe du Monde, les USA, et n’émettant plus que des soupirs inaudibles. La demande d’annulation du carton rouge direct infligé au joueur américain Folarin Balogun exigée par le président américain Donal Trump est un scandale et une humiliation parmi tant d’autres.

De plus en plus fragilisé, on ne voit pas très bien, comment Infantino pourra conserver son poste en mars 2027, les frondeurs étant réputés parmi les plus puissants. Et même si, pour l’instant, il n’y a pas de candidat sérieux pour lui barrer la route, il est clair ici que sa tête est mise dans le sac et la danse du scalpe amorcée par des Européens excédés par ce qu’ils considèrent comme des écarts de conduites. Finalement c’est l’Afrique qui tente de sauver ce soldat européen pris au piège de la boulimie financière, de sa recherche effrénée du fric, même s’il faut, pour cela, mettre de côté l’éthique et menacer l’essence même du football.

Le combat pour sauver le président de la Fifa vaut-il la peine d’être mené ? Rien n’est moins sûr. Il est d’ailleurs curieux de constater que l’Afrique tente de sauver un monsieur vomi par ses propres « créateurs », les Européens qui plus est, gèrent le football mondial, dictent leur loi et obtiennent toujours ce qu’ils veulent. A partir de là, le combat semble vain pour les Africains, qui risquent de ramer à contre courant. Que peut bien faire la Confédération africaine de football (Caf, 54 membres) face à l’Uefa (55 membres), à la Concacaf (41 membres) et à la confédération asiatique de football (AFC, 47 membres) ? Pas grand-chose ! Pourquoi se ranger derrière un monsieur qui a passé le plus clair de son temps à faire avaler des couleuvres à l’Afrique ? A titres d’exemples : la mise sous tutelle de la Caf, la disparition du Chan, la tentative de balkanisation de l’Afrique du football par la création d’une Ligue des Nations arabes et d’une Ligue des nations au sud du Sahara. Le projet d’organiser la Can tous les 4 ans condamne déjà, à plus ou moins brève échéance, cette compétition qui n’a plus de dates ni d’année fixes pour son organisation. Alors que veulent réellement les Africains ?

Par J. NGOM’ANGO

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