La confirmation du ministre des Sports, Paul Ulrich Kessany Zetegoua, à son poste constitue plutôt une bonne nouvelle pour le sport gabonais. En effet, le chef de l’État n’a certainement pas voulu replonger le secteur dans un cycle de recommencement permanent. Il s’agit, très clairement, d’une invitation adressée à l’ancien-nouveau ministre à remettre l’ouvrage sur le métier et à asseoir une véritable politique de développement du sport au Gabon.
Le ministre ne devrait donc plus perdre de temps à faire le tour du propriétaire, à prendre langue avec ses collaborateurs ou, encore moins, à multiplier les agapes. L’heure est désormais aux choses sérieuses. Il lui faut mettre les mains dans le cambouis afin de sortir de son coma l’ensemble des disciplines sportives du pays.
Depuis des années, le sport gabonais est en effet plongé dans une crise systémique. Celle-ci se caractérise notamment par un manque criant de moyens financiers, des infrastructures obsolètes ou mal entretenues, des compétitions irrégulières, l’insuffisance d’encadreurs et de formateurs de haut niveau, ainsi que l’absence de centres de formation performants. Cette dernière carence entraîne à son tour un déficit de relève de qualité et en nombre dans pratiquement toutes les disciplines sportives. Il ne s’agit donc pas seulement du football qui, malgré les milliards engloutis et quelques résultats spectaculaires mais sporadiques, peine encore à dissimuler une forêt de problèmes.
Le ministre a ainsi été appelé « au chevet d’un grand malade », pour reprendre l’expression de notre confrère Mba Assoume. Plus que jamais, il lui revient de mettre en place une véritable politique sportive, un « fil d’Ariane » capable de guider le sport gabonais hors du labyrinthe dans lequel il semble s’être égaré. Cette stratégie devrait permettre au Gabon de redynamiser l’ensemble de ses disciplines et de les faire rayonner tant sur le plan national qu’international.
Pour mémoire, le « fil d’Ariane », issu de la mythologie grecque, désigne le moyen de sortir d’une situation complexe et de retrouver son chemin. Or, le sport national a justement besoin de retrouver la voie de l’efficacité, de la performance et de la gloire.
Cependant, peut-on sortir le sport gabonais du formol avec ceux-là mêmes qui l’y ont plongé ? Certainement pas. Ce serait accorder une prime à l’incompétence et à l’immobilisme. Le vent de changement qui souffle sur notre pays devrait encourager le ministre à s’entourer de nouvelles énergies, davantage en phase avec l’esprit et les exigences de la Ve République.
Enfin, comme le disaient les Romains, « le peuple ne vit pas seulement de pain, mais aussi de jeux ». Le ministre Kessany sait qu’il lui appartient d’offrir aux Gabonais les émotions et les satisfactions que procure le sport. Homme du sérail, il sait mieux que quiconque que l’on ne remporte aucune victoire sans mouiller le maillot. C’est précisément ce que les férus du sport national attendent aujourd’hui avec impatience.
Par J. NGOM’ANGO












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