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Après les putschs militaires successifs : l’Afrique de l’Ouest dans une mauvaise impasse

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Depuis dix-huit mois en effet, l’Afrique de l’Ouest a connu successivement quatre coups d’Etat. Après le Mali en 2020 et 2021, la Guinée en septembre 2021, et tout récemment le Burkina Faso, ces putschs retentissants compromettent l’effort démocratique amorcé dans cette région.

La résurgence des coups d’Etat en Afrique de l’Ouest donne du fil à retordre à la Communauté internationale, notamment à la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) qui condamne avec fermeté ces prises de pouvoir par la force.

Ainsi, à Bamako le Colonel Assimi Goïta a renversé le régime du président Ibrahim Boubacar Keïta, récemment décédé. Idem à Conakry, la capitale de la Guinée où le colonel Mamadi Doumbouya a évincé Alpha Condé, moins d’un an après sa réélection pour un troisième mandat fortement contesté. Enfin, récemment à Ouagadougou, le Lieutenant-colonel Paul-Henri Damiba a évincé le président Roch Marc Christian Kaboré, en raison, dit-il, de son «Incapacité manifeste à lutter contre les groupes djihadistes qui pullulent dans le pays».

Si les putschistes justifient leur prise du pouvoir par des raisons internes, leur retour brutal sur le champ politique démontre que les sanctions internationales n’ont aucun effet dissuasif et que les principes démocratiques sont en régression.

Pourtant, à Ouagadougou, comme à Bamako ou à Conakry, les populations sont en liesse pour témoigner leur soutien aux militaires qui promettent de redresser la nation, jurant par ailleurs de leur désintérêt pour le pouvoir.

Dans les autres Etats ouest-africains, les dirigeants sont sur le qui-vive, compte tenu de l’impuissance manifeste de la CEDEAO à faire respecter son autorité sur des militaires qui profitent du ras-le-bol des populations et de l’arrivée sur la scène régionale de nouveaux acteurs (Russie, Chine, Turquie), moins regardants sur les questions de gouvernance.

Dans ce contexte, la France se trouve dans une situation inconfortable. Elle a condamné le coup d’Etat au Burkina-Faso, comme elle l’avait fait pour les précédents. Malheureusement, ses prises de position restent sans impact. De même que l’appel du président Macron, lancé à la jeunesse du continent, en octobre 2021 lors du sommet Afrique-France de Montpellier, n’a pas encore eu l’effet escompté.

Si l’Afrique de l’Ouest pensait avoir tourné la page des années de putschs, la question qui se pose est de savoir quel sera le prochain dirigeant de la zone à connaître le même sort que ses homologues évincés? Sachant que ces renversements militaires peuvent avoir un effet de contagion dans le reste de la sous-région.

L’Union Africaine a récemment entamé une tournée diplomatique en Afrique de l’Ouest pour échanger sur la situation politico-sécuritaire de la sous-région, après avoir simplement condamné de manière protocolaire ces coups d’Etat, sans contrecarrer le projet des putschistes.

Dominique Tsanga

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