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Chronique Sportivement: qu’elles sont bien « seules », les Panthères du Gabon !

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‎Après avoir chuté d’entrée face à la sélection marocaine, les Lions de l’Atlas, il fallait aux Panthères du Gabon redresser la barre face aux Ménas du Niger, pour ne pas être distancées par cet adversaire direct. Elles l’ont fait ! Et plutôt deux fois qu’une.  Cependant, cette rencontre a mis en lumière deux faits importants, qui interpellent …

‎Le premier fait est que les Gabonais boudent de plus en plus leur équipe nationale, qu’elle joue à Franceville ou ailleurs, ce sera pareil. Tous ceux qui ont regardé cette rencontre mardi dernier ont pu s’en rendre compte. Assis dans les travées du stade Rénovation qui sonnaient extraordinairement creux, le ministre des Sports, Paul Ulrich Kessany Zetegoua a dû, certainement, faire l’amer constat. Lui qui a été capitaine de la sélection nationale et compte 48 sélections, n’a pas connu pareille situation.

‎Jamais la sélection nationale n’a disputé un match dans une ambiance aussi confidentielle. Juste une petite chambrée. Autant dire un désert. Même en temps de fortes tensions politiques, les stades étaient souvent bondés quand l’équipe fanion jouait. C’est qu’à une certaine époque, l’équipe nationale savait mettre tout le monde d’accord. Elle fédérait. Elle fut, quoi qu’on dise ou qu’on pense, un puissant facteur d’unité, un ciment autant qu’un baromètre de l’unité nationale. Ce qui ne semble plus être le cas aujourd’hui.

‎Que dire du stade Rénovation ? Ce mythique stade, où le Gabon avait, en 1985, gagné la Coupe de l’Udeac, n’est plus qu’un champ de patates, avec une pelouse mal entretenue. Quel gâchis ! Et comment comprendre que ce stade soit le seul, aujourd’hui, à être homologué par la Caf et la Fifa, alors que l’Etat a dépensé des milliards pour construire de nouveaux stades dans le cadre de la Can 2012? En tout cas la nostalgie et le respect dû à Omar Bongo devraient pousser le ministre des Sports à se battre pour rouvrir le stade Omnisport qui porte son nom et son annexe, mais aussi à rendre tous les autres opérationnels.

‎Le second fait, est ce manque criant de cadres en nombre suffisant dans la tanière. Le nouveau sélectionneur, Sébastien Migné a donné du contenu à cette équipe. Cependant, elle ne peut aller loin sans de bonnes doublures. On voit bien qu’il est en train de racler les fonds de tiroir, sans trouver grand-chose à la hauteur des ambitions du pays. On s’en est rendu compte lorsqu’il a procédé aux remplacements des joueurs. Les Panthères du Gabon manquent cruellement de profondeur de banc.

‎Que dire en définitive ? Que le réel frappe désormais aux portes d’un football aux carences rédhibitoires. Que ce football est finalement « rattrapé par ses propres faiblesses». Que L’arbre, en l’occurrence l’équipe nationale, ne parvient plus à cacher la forêt des problèmes qui minent le football gabonais. Comme par l’exemple l’absence d’une vraie politique de formation ou d’un championnat crédible, avec des inter saisons durant plus d’un an.  Il est donc temps d’agir. Quant aux bouderies du public, c’est un message qu’il faut décrypter. Le football aiguise les passions. Or les passions mal contenues peuvent, selon le philosophe allemand Emmanuel Kant, agir « comme un torrent qui creuse son lit de plus en plus profondément », et donc ronger les passionnés au point de les pousser à adopter, parfois, des comportements irrationnels.

‎‎Par J. NGOM’ANGO

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