LIBREVILLE, 1er octobre 2026 (AGP)-Alors que Pékin a accordé le “zéro tarif douanier” aux pays africains, le Pr Bonaventure Mve Ondo a invité mercredi le gouvernement gabonais à définir clairement les filières à valoriser auprès du marché chinois, lors du colloque Chine-Afrique qui s’est tenu à Libreville.
L’universitaire, qui prononçait la leçon inaugurale de la rencontre, a appelé les décideurs publics à régler les questions de normes sanitaires, de traçabilité, ainsi que de deuxième et troisième transformation des matières premières. Il a préconisé un accompagnement durable des PME et PMI pour leur permettre de se positionner sur les marchés extérieurs.
« Le problème de l’Afrique n’est pas seulement d’avoir accès au marché mondial ou chinois ; le véritable enjeu est d’être capable d’y entrer avec des produits compétitifs, réguliers, certifiés, transformés et correctement acheminés », a-t-il déclaré.
Intitulée « La coopération sino-africaine : raison historique, puissance de planification et souveraineté d’appropriation », sa leçon ouvrait un colloque consacré au thème « Du 15e Plan quinquennal à la politique de zéro tarif douanier : comment l’Afrique saisit les opportunités de développement de haute qualité et l’ouverture de haut niveau de la Chine ? ».
Pour le philosophe, « parler de coopération sino-africaine ne se résume pas à parler seulement de commerce, d’infrastructures ou de diplomatie ». « C’est une question beaucoup plus profonde », qui touche à la place que l’Afrique entend occuper dans le monde, a-t-il estimé.
Organiser un tel colloque revient selon lui à « ouvrir un chantier de pensée et de responsabilité ». L’enjeu est que le continent s’insère dans le monde contemporain « non pas comme un espace d’attente, non pas comme une simple périphérie de ressources, ni comme un marché sans voix, mais comme un espace de décision, de production et de proposition ».
Le conférencier a structuré son propos autour de trois questions : « Pourquoi ? Comment ? Pour quoi faire ? ».

Vue des participants.
Il a estimé que la coopération entre la Chine et l’Afrique ne peut se lire à travers la seule actualité diplomatique ou commerciale. Elle doit être replacée dans la longue durée, marquée par des épreuves historiques qui expliquent la place centrale accordée aujourd’hui par Pékin à la souveraineté.
Pour la Chine, a-t-il rappelé, la souveraineté ne se réduit pas à un drapeau, un hymne ou une proclamation diplomatique. Elle est d’abord la « capacité de décider, de protéger ses intérêts, de maîtriser ses ressources, de produire ses technologies et de ne pas dépendre entièrement de la volonté d’autrui ».
Appliquée au contexte africain, et gabonais en particulier, la souveraineté est selon lui une capacité concrète d’action. Un pays est souverain, a-t-il détaillé, lorsqu’il peut nourrir sa population, former sa jeunesse, négocier un contrat en toute connaissance de cause, transformer ses matières premières, produire son énergie, construire et entretenir ses infrastructures, certifier ses produits, financer ses entreprises et défendre ses intérêts dans les instances internationales.
CM/MIM/FE/CBM/AGP












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